Sabrina Duval s’est installée en 2016 à Saint-Germain-sur-Ille (35), reprenant et réaménageant l’élevage de veaux de boucherie de ses parents. « Ils étaient en libre, en système Dal et avec de grandes cases. Lorsque je me suis installée, j’ai choisi de partir en intégration avec un système classique, en parcs de 7 avec des auges », souligne l’éleveuse qui est en intégration avec VanDrie France. Il y a 6 ans, elle a fait construire un 2e bâtiment de 209 places. Aujourd’hui, elle dispose de 472 places en tout et d’une SAU de 35 ha. « L’an prochain, j’ai pour projet de raser l’ancien bâtiment et d’en construire un nouveau. J’aurais alors 500 places. »
L’aliment d’allaitement arrive dans l’auge
Depuis son installation, Sabrina Duval a progressivement simplifié le travail. « Au début, j’apportais l’aliment d’allaitement au tuyau. L’aliment fibre arrivait par des tubes et j’y ajoutais la paille à la main. » Par la suite, elle a fait installer un distributeur automatique de lait Ecorel par les Établissements Lefort. « L’aliment d’allaitement se prépare automatiquement avant que j’arrive sur l’élevage et c’est moi qui lance son transfert via deux circuits de canalisations – un par bâtiment – après avoir vérifié que les auges sont propres. Il y a deux repas lactés par jour. » Ce matériel permet à la productrice d’observer sans contrainte ses veaux, sans avoir à tirer un tuyau, ou conduire un taxi de distribution. « J’ai les mains libres pour noter… »

« Libre-service » pour l’aliment fibreux
La préparation de l’aliment fibreux se fait également automatiquement dans un bol mélangeur. « J’ai juste à placer les ballots de paille broyée et dépoussiérée sur le convoyeur qui déverse lui-même la bonne quantité à mélanger avec l’aliment arrivant du silo. Je peux adapter les pourcentages très facilement au quotidien via le boîtier de commande, je saisis aussi les horaires de distribution. »
« La surveillance est facilitée »
Il y a trois ans, Sabrina Duval a apporté une petite modification des doseurs. « Auparavant, il y avait un distributeur au-dessus de l’auge qu’on ouvrait et l’aliment était étalé manuellement. Désormais, le veau vient directement chercher l’aliment au niveau du tube d’arrivée, en libre-service. Je surveille les consommations par parc grâce à des tubes transparents. »

Une fois le lot lancé, le temps de travail est maîtrisé
Les veaux restent 175 jours sur l’élevage avec un vide sanitaire total de 3 semaines – 1 mois entre deux lots. « C’est surtout le premier mois, en particulier la première semaine, qui demande beaucoup d’attention et de temps de travail. Quand les veaux sont en babybox, ils sont alimentés au tuyau. » Lors des périodes intenses, la Bretillienne est aidée ponctuellement par de la main-d’œuvre familiale. « Ensuite, quand ça roule, je passe 1 h 30 le matin et 1 h 30 le soir dans l’élevage », précise cette mère de 3 enfants qui apprécie de pouvoir leur consacrer du temps.
Pour les constructions et les aménagements réalisés sur l’élevage, elle a demandé et obtenu des aides financières du PCAEA. « Aujourd’hui, c’est AgriInvest qui le remplace. Les éleveurs n’en profitent pas assez », selon Sabrina Duval, persuadée qu’investir dans son outil de travail permet aussi de gagner sur le bien-être animal et la performance. « Mes résultats techniques ont progressé en 10 ans. »
Agnès Cussonneau
Un mode de production durable
Pour le confort des veaux et réduire le bruit, des caillebotis en caoutchouc ont été mis en place dans le bâtiment le plus récent. Des jouets et des brosses sont installés dans les cases. Des racleurs passent sous les parcs et transfèrent le lisier dans la fosse couverte extérieure. Le nouveau bâtiment sera équipé de cette manière. Son lavage notamment sera facilité. « Des pipettes seront également installées dans les auges pour ne pas gaspiller l’eau. » Autre particularité sur l’élevage, des gains énergétiques sont permis grâce à une installation solaire thermique et un tracker solaire.


