Zone favorable
« C’est une année longue et frustrante. Je trouve que c’est plus le manque d’eau que la chaleur qui a gêné ». De l’amertume dans le bilan de saison tiré par Kevin Tymen, éleveur de Plonévez-Porzay (29). « Depuis mon installation en 2020, je distribue en moyenne 1,5 balle d’enrubanné par vache sur 9 mois de production. Cette année, je suis à 4 ». 250 balles de plus ont été achetées, « à 40 €/botte, c’est une dépense supplémentaire de 10 000 €, sans résultat technique en plus, uniquement pour maintenir les vaches en lait, avec du travail pour aller les chercher et les distribuer (GNR…) ». La double traite lancée en début de saison « a engendré du travail en plus, tout cela pour gagner moins. C’est cela, travailler avec du vivant ». Deux traites par jour ont été mises en place pour pallier le manque d’effectif, suite au passage de la FCO l’an passé. Avec le tarissement prévu le 9 novembre, la production laitière de cette campagne atteindra 290 000 litres, contre 360 000 litres l’an passé. Toujours à la page du bilan, ce sont 8 t MS/ha d’herbe qui ont été valorisées contre 12 t MS/ha en 2025, « soit un déficit de 200 t MS pour la plateforme laitière ».
Prévoir 2027
Avant la pause hivernale, l’éleveur regarde déjà vers la prochaine saison. « J’ai contractualisé des achats d’enrubannage, 150 balles sont déjà réservées ». Idem pour le foin, « je produis 300 rounds, il m’en faut le double ». Autre décision, la double traite perdurera de mars à mai, « mais je n’irai pas plus loin ».
Le jour du tarissement, le troupeau s’en ira, comme l’année dernière, sur les parcelles de bord de mer pour y passer l’hiver, avec une transhumance rendue possible par l’aide de bénévoles. Ces parcelles ont été implantées en RGH cette année, « mais il a été semé trop tard, au 15 avril. L’herbe n’a pas poussé, elle est repartie seulement fin septembre. Les vaches seront donc quasi exclusivement nourries au foin pendant l’hiver ».
Pour ses pâtures, Kevin Tymen pense essayer d’autres espèces, comme le dactyle ou la fétuque sur le site bord de mer et, pour la plate-forme laitière, de la chicorée « qui continuera à pousser pendant l’été. Elle sera gérée comme une annuelle : exclusivement pâturée avant qu’elle monte en graine, puis défaite à l’automne ».
Fanch Paranthoën
Civam 29 : 02 98 81 43 94
Repères : 250 balles d’enrubannées achetées pour cette saison ; 8 t MS/ha de production d’herbe sur la plateforme laitière ; 290 000 L de lait de vendu ; Transhumance vers les parcelles de bord de mer au 9 novembre ; Retour prévu à la ferme le 20 janvier.
Zone intermédiaire
Philippe Aubert – Plesder (35)
Nous avons repris la double traite la semaine du 19 octobre. Avec les vêlages récents, la production laitière est remontée autour de 15 L par vache et par jour. Pour des questions de logistique et pour préserver la repousse des prairies, les vaches sont en bâtiment le matin, et en parcelle parking l’après-midi, et sur une parcelle reliée pour la nuit. Le pâturage n’a pas encore repris à proprement parler. On affourage directement sur les parcelles avec de l’enrubannage et du foin, et aussi du maïs ensilage au bâtiment depuis peu. Sur les stocks, on a suffisamment pour l’hiver, avec environ 90 UGB à nourrir.
Adage : 02 99 77 09 56
Zone intermédiaire
Christophe Caro – Plémy (22)
Je trais 34 vaches, elles produisent 25 L de lait à 45 g/kg de TB et 34 de TP. Les taux sont à la hausse depuis le début du mois. La production se maintient grâce à une ration à base de maïs, qui me coûte plus cher que l’an dernier. La pousse de l’herbe a repris depuis le 15 octobre permettant une ration ¼ d’herbe pâturée et ¾ de maïs avec 2 kg de tourteau de colza en moyenne par vache et 250 g de minéraux. La part de pâturage devrait se maintenir au moins jusqu’au 11 novembre. Cette semaine, je vais entamer le maïs de 2026 alors que je pensais tenir jusqu’à Noël avec le vieux. En bâtiment, l’herbe pâturée sera remplacée par de l’ensilage d’herbe.
Cedapa : 02 96 74 75 50
Zone favorable
Salomé Guillemaud – Helléan (56)
Les VL sont de nouveau au pâturage depuis le 12 octobre la journée seulement ce qui correspond à 75 % de leur ration soit 11,25 kg de MS par VL. Je leur remets de l’enrubannage et un peu de foin la nuit. Le lait remonte doucement dans le tank (TB 51,4 g/L – TP 39,5) mais elles sont en fin de lactation. Elles seront taries dans 1,5 mois. Même avec la canicule, je n’ai toujours pas donné de stock aux génisses et j’ai réussi à acheter 15 bottes enrubannage et 30 bottes de foin en conventionnel – j’ai obtenu une dérogation. J’aurais normalement de quoi nourrir l’ensemble du troupeau jusqu’au printemps prochain.
Civam 56 : 07 60 10 22 64
Le colza fourrager pour renouveler une prairie sur l’accessible ?
L’intérêt est de continuer le pâturage sur l’accessible. Il se sème de mars à octobre. Un semis en fin d’été permet de réduire la chute hivernale de production laitière, de couvrir le sol et d’améliorer sa structure. Son pâturage complète bien une ration à base de maïs ensilage et peut permettre de diminuer l’achat de correcteur. Il se sème entre 8 à 10 kg/ha en pur, à 1 cm de profondeur, à la volée ou en ligne. Il est recommandé de rouler après le semis pour limiter le risque limaces. 4 à 6 t MS/ha peuvent être valorisées dès 60 à 120 j après semis. Le risque de météorisation étant élevé, il est recommandé de rationner le pâturage au fil. Un pâturage juste avant la traite peut donner un goût au lait. Un semis au printemps 2027 peut être envisagé pour refaire des prairies et permettre de bénéficier d’une source de fourrage en été quand la pousse de l’herbe baisse.
Source : fiche AutoSysEl, Introduire du colza fourrager en interculture, publiée par l’Institut de l’Élevage en 2018
