Le résultat courant par exploitant (clôtures 2025) des exploitations spécialisées en production laitière avec robot de traite est exactement le même que celui des exploitations spécialisées lait sans robot. Pourtant, elles disposent de 27 ha de SAU en plus, produisent 330 000 litres de lait en plus. Les vaches sont plus productives, à 9500 litres de lait par vache contre 7900 sans robot.
Les exploitations avec robot sont pénalisées d’une part par l’amortissement et l’entretien des robots, d’autre part par l’achat des concentrés et aliments distribués aux vaches. La dilution des autres charges : salaires, frais d’élevage, mécanisation, fermage, frais divers, suffit tout juste à compenser ces surcoûts pour aboutir au même revenu que les exploitations sans robot. Mais la moyenne recouvre une variabilité des résultats très forte.
Des écarts sur les résultats techniques
Le levier d’action des éleveurs avec robot est faible sur l’entretien de l’équipement de traite, qui se fait souvent par contrat. En revanche, des marges de manœuvre existent sur la conduite technique. En effet, les 140 meilleures exploitations avec robot réussissent à produire autant de lait par vache que la moyenne (avec robot), mais avec 300 kg d’aliment concentré par vache en moins par an, pour un même prix unitaire de l’aliment acheté. L’économie s’élève à 22 000 €, uniquement sur les achats de concentrés, pour un même litrage global produit. Leur taux de perte des vaches est aussi beaucoup plus faible, et la reproduction plus performante. Le système fourrager est comparable avec environ 50% de maïs dans la SFP, et un chargement de 1,8 UGB par hectare.
Derrière ces résultats techniques, plusieurs hypothèses qui probablement se combinent : des fourrages de qualité en quantité, un meilleur équilibre des rations, un mode de distribution des fourrages fonctionnel, un bon niveau génétique, des vaches en meilleure santé (aplombs en particulier), un élevage des génisses plus adapté.
Il est essentiel de veiller à la cohérence du système fourrager par rapport aux UGB présents, à l’accès à l’eau, de réaliser des analyses des fourrages, d’ajuster les quantités d’aliment distribué… Avec la baisse du prix du lait, une hausse du prix de l’aliment à venir, et des maïs 2026 qui s’annoncent moins qualitatifs que lors des précédentes campagnes fourragères, l’enjeu est de taille.
Pascale Van Belleghem / Cerfrance Bretagne

