Anticiper les risques sanitaires en élevage caprin

Entre gestion du pâturage et précautions à l'auge, les fourrages exposent les troupeaux caprins à plusieurs risques sanitaires.

Des chèvres dans un bâtiment d'élevage en train de manger à un ratelier - Illustration Anticiper  les risques sanitaires  en élevage caprin
© Paysan Breton

Lors de la journée régionale caprine de Saint-Jean-Brévelay (56), organisée par le GIE Élevages de Bretagne en juin, François Guillaume, vétérinaire référent caprin au GDS Bretagne, a détaillé les principaux risques sanitaires liés aux fourrages.

À l’herbe, maîtriser le parasitisme

Chez la chèvre, les nématodes restent les parasites les plus pathogènes. Pour limiter les infestations, François Guillaume recommande une rotation pâturage/fauche avec un retour sur parcelle de 40 à 45 jours, soit l’équivalent de deux cycles parasitaires. Le pâturage par blocs, avec un repos de 6 à 8 mois, complète cette stratégie. En présence de vaches, mieux vaut les faire pâturer après les chèvres.

Écarter tout fourrage douteux

« Les chèvres développent une faible immunité face aux strongles gastro-intestinaux », souligne le vétérinaire. Des contrôles réguliers s’imposent, avec recours aux anthelminthiques si nécessaire, sans nouvelle molécule depuis 20 ans. Face aux résistances, une vermifugation ciblée est conseillée pour des coprologies de mélange comprises entre 500 et 1 000 OPG (analyse de mélange faite en laboratoire), un traitement global pouvant être envisagé au-delà. Le ‘pour-on’ est en revanche peu efficace chez la chèvre. Enfin, les animaux les plus résistants et moins excréteurs gagnent à être privilégiés dans la sélection du troupeau.

À l’auge, surveiller la conservation

Listeria monocytogenes, bactérie tellurique proliférant en milieu anaérobie, provoque le plus souvent des troubles nerveux et constitue une zoonose (transmission à l’homme). Pour limiter ce risque : bien tasser et couvrir les silos, écarter les fourrages mal fermentés, moisis ou à pH élevé, retirer les parties altérées, nettoyer régulièrement mangeoires et abreuvoirs, et « ne jamais jeter les refus sur l’aire paillée », insiste-t-il.

La toxoplasmose, transmise via des fourrages souillés par des déjections contaminées de jeunes chats, peut entraîner mortalité embryonnaire, momification ou avortements selon le stade de gestation. « Un vaccin à AMM ovine, injecté vers 4-5 mois avant la reproduction, permet d’immuniser durablement la chevrette ».

Enfin, le botulisme, lié aux spores de Clostridium botulinum présentes sur des cadavres, trouve une prévention efficace via la vaccination.

Carole David

Moisissures et mycotoxines, rester vigilant

Les moisissures (Aspergillus, Mucorales par exemple) sur fourrages moisis ou ensilages mal tassés peuvent provoquer avortements et troubles digestifs : ces aliments doivent être écartés.Les mycotoxines, produites par des champignons microscopiques, sont généralement détruites dans les pré-estomacs de la chèvre. En cas de doute, prélever des échantillons de fourrages distribués sur 2 à 3 jours et les envoyer en laboratoire. Sans seuil de toxicité défini, des repères zootechniques existent. Pour évaluer le risque, la calculette Mycorisk est disponible sur observatoire-mycotoxines.com


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