Les vaches ont été sans pâturage du 10 juillet au 10 septembre. La ration était composée de 4 kg de MS d’enrubannage et de 12 kg de MS de maïs, distribués sur une parcelle parking que Christophe Caro divisait en 5, « par rapport à la pression microbienne et au risque de mammites ». D’après lui, « cette période n’avait jamais été aussi longue sur la ferme, il y avait eu 6 semaines de coupure en 2022 ». Cette année il a plu au 20 août, puis de manière dérisoire en septembre, pour comptabiliser environ 40 mm depuis un mois. « Je pensais être large en enrubannage et finalement la dernière botte est dans le râtelier. »
Actuellement, 35 vaches traites ont repris le tour de pâturage et mangent 12 kg MS de maïs et 4 kg MS d’herbe pâturée environ. « Cette ration devrait se maintenir jusqu’à fin septembre, après, je ne sais pas. Elles tournent sur les paddocks la journée et continuent d’aller sur la parcelle parking la nuit, où le maïs est distribué à l’auge. D’habitude, le pâturage représente la moitié de la ration à cette période ». Ses vaches produisent 24 kg de lait par jour à 43 de TB et 34 de TP. D’après les observations de l’éleveur, « l’herbe a reverdi mais n’a pas repris en consistance. La minéralisation ne se fait pas, j’observe encore les bouses de juin sur les paddocks, c’est peu appétent ».
Faire le maximum de stock au printemps compte parmi les principes de base dans la conduite de sa ferme. Cette année, c’est réussi. Il a pu ensiler 5,5 ha d’herbe, récolter 30 bottes d’enrubanné et a fait une coupe de foin mi-juin. Pour l’éleveur, « c’est important en cas de coup dur d’avoir du stock ». Cet automne il fera une petite coupe de luzerne, mais il n’y aura plus de coupe d’enrubannage.
Un autre des principes est de faire du stock sur pied pour allonger la période de pâturage. « Il faut le faire le plus tôt possible. Les hectares fauchés en juin se sont transformés en paillasson. Je m’interroge beaucoup sur les rendements en herbe, combien en moins cette année ? Je ne dirais pas la moitié mais pas loin ».
L’an prochain il prévoit d’augmenter la surface fourragère de 2 ha d’herbe et de 1 ha de maïs. Mais il n’a « encore rien semé car c’est trop sec, je vais attendre fin septembre. Quand les conditions sont bonnes il m’arrive de semer au 15 août, et de faire un pâturage à l’automne. »
Christophe Caro, comme à son habitude, même s’il est tracassé, reste optimiste : « Ça va s’arranger mais cela me surprend quand même, je n’ai jamais vu cela de toute ma carrière, il est important de bien en retirer les leçons » .
Cédapa : 02 96 74 75 50
L’exploitation : 37 VL Prim-Holstein et Normandes ; Lait vendu : 250 000 L ; Lait produit/vache : 6 470 L ; 51 ha de SAU : 24 ha de prairies, 11 ha de maïs, 12 ha de céréales, 3 ha de féverole, 1 ha de luzerne ; Surface de pâturage accessible par vache : 55-60 ares ; Chargement : 1,62 UGB/ha SFP ; Quantité de concentrés : 102 g/L ; Coût des concentrés : 51 €/1 000 L ; Ration annuelle VL : 45 % maïs ensilage, 45 % herbe pâturée, 10 % herbe stockée ; Marge brute lait : 383 €/ 1000 L ; Pluviométrie annuelle : 950 mm.
Zone intermédiaire
Philippe Aubert – Plesder (35)
Nous avons arrêté le pâturage le 10 août. Depuis, les vaches sont en parcelle parking. On hésite à faire repartir certains troupeaux, faire des petites rotations, pour limiter les problèmes de mammites liés au fait qu’elles commencent à se salir. Mais avec seulement 20 à 30 mm de pluie, cela a vite reséché et la repousse d’herbe est faible. Pour refaire un vrai pâturage, il faudrait quasiment trois semaines de repousse, à condition que la pluie suive. On attend vraiment l’eau, parce que tout fonctionne au ralenti en ce moment, et aussi parce que pour les vaches, ce serait bien de pouvoir avoir de l’herbe fraîche et relancer le pâturage.
Adage : 02 99 77 09 56
Zone favorable
Salomé Guillemaud – Helléan (56)
Pas de pâturage pour les VL depuis le 20 juillet et les perspectives ne sont pas optimistes. J’ai toujours 35 vaches à la traite (baisse de 40 % par rapport à la production de 2025 – 6 kg/VL/J – TB 49,2 – TP 38,3) avec 2 rounds d’enrubannage et foin à volonté. Je vais manquer d’enrubannage pour la fin de l’hiver et la reprise de la lactation en mars, je suis sur liste d’attente pour en acheter, sinon ce sera du foin : je devrais en avoir assez pour toute la période. Les génisses et nourrices restent sur du stock sur pied. Une bonne nouvelle : les vaches sont pleines. Je vais tarir première quinzaine de décembre, peut-être avant…
Civam 56 : 07 60 10 22 64
Zone favorable
Kévin Tymen – Plonévez-Porzay (29)
Il n’est tombé que 22 mm en septembre, mais la ferme reverdit. Je fais mon dernier tour de pâturage commencé le 1er septembre, il se terminera entre le 5 et 10 novembre, ce sera alors le tarissement. J’ai abandonné les parcelles parking pour offrir au troupeau un demi-paddock journalier, ce qui me permettra d’arriver à produire du lait jusqu’à la mi-novembre. La dérogation qui a donné la possibilité de distribuer du fourrage conventionnel a fait du bien : j’ai ensilé du maïs chez un voisin. La ration se compose de 3 kg de maïs, 8 kg d’enrubannage et de 4 kg d’herbe au pâturage. Les vaches produisent 10 L en monotraite (à 58-42).
Civam 29 : 02 98 81 43 94
Des repères techniques à requestionner
Après cet été difficile, beaucoup d’éleveurs et d’éleveuses se trouvent en difficultés sur leur stock de fourrage. Une estimation des stocks restants est nécessaire en fin d’été, particulièrement cette année. Les variables d’ajustement dans l’urgence sont l’achat de fourrage complémentaire, la diminution du chargement ou prévoir des dérobées fourragères d’hiver. Les repères utilisés dans le Morbihan étaient autour d’un 1 UGB pour 1 ha de SFP en tout herbe. Cette année, pour un grand nombre d’éleveurs, cela ne sera pas suffisant. Également, la norme était d’avoir 3 mois de stock, pendant que les collègues de zone séchante étaient plutôt sur 9 mois de stock. Cela pousse à revoir son stock de sécurité. Chaque année, le réseau des Civam édite un observatoire technico-économique des systèmes bovins laitiers à l’échelle du Grand-Ouest. Un outil à parcourir pour mieux se repérer.
Ressources : édition 2026 – Observatoire technico-économique bovins-lait -La robustesse des systèmes herbagers pâturant: 10 ans d’enseignements (2014-2024)

