En termes de consommation d’électricité, les études ont montré « des résultats assez communs à tous les robots de traite » de l’ordre de 50 à 75 kWh par 1 000 L pour une stalle collectant 600 000 L de lait par an. « Comme un robot fonctionne 24 heures sur 24, sa fréquentation ou la variation du nombre de traites réalisées par jour a assez peu d’impact sur la consommation électrique globale », précise Anaïs Gaigeard, chargée d’expérimentation Traite et nouvelles technologies à la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire. « Par contre, plus le niveau d’étable est élevé, plus il y a de lait collecté par automate et plus cette consommation électrique est diluée. »

Le chauffe-eau et le tank, cibles prioritaires
Hormis l’autoconsommation d’énergie photovoltaïque, il y a finalement « assez peu de leviers » pour réduire la dépense électrique des automates, concède l’observatrice. « Ce n’est d’ailleurs pas les robots qui consomment le plus, mais leurs à-côtés… » Pour baisser la facture, la priorité reste de se pencher sur le chauffe-eau (détartrage régulier, installation d’un récupérateur des calories du tank pour préchauffer l’eau) et le tank (pose d’un pré-refroidisseur pour abaisser la température du lait, installation des ventilateurs du système de refroidissement à l’extérieur et soufflage régulier pour optimiser leur fonctionnement…).

1 m3 d’eau par stalle par jour
Il y a davantage de latitude sur la consommation d’eau. « On parle d’1 m3 par jour et par stalle en moyenne. » Les réglages – nettoyage rapide, moyen ou intense – appliqués à la préparation des trayons (brosse ou gobelet laveur) jouent. « Parfois, il peut être consommé jusqu’à 1 L par mamelle par traite. Mais économiser de l’eau en simplifiant cette phase peut être une fausse économie si cela se traduit par une hygiène insuffisante et une pénalité sur la qualité du lait. » L’autre facteur qui pèse est la quantité d’eau nécessaire pour le nettoyage de la stalle et des espaces à proximité. Elle dépend de la fréquence de lavage, de la circulation des animaux (libre ou parc d’attente en conduite dirigée) et de l’aménagement et de la gestion des surfaces (sol caillebotis, passage de racleur ou de robot collecteur de lisier…).
Des sous-compteurs pour suivre les consommations
Pour finir, Anaïs Gaigeard recommande aux éleveurs de s’équiper de compteurs et sous-compteurs (« peu coûteux ») pour suivre de près les consommations d’électricité et d’eau de leurs équipements et de leur animaux. « Cela avertit en cas de fuite, de dysfonctionnement, d’alerte de santé… »
Toma Dagorn
Conférences au Space
Le réseau Chambre d’agriculture communiquera sur les retours du projet RoboTrae mené sur l’optimisation de l’alimentation, du pâturage et des consommations d’eau et d’électricité en traite robotisée.
• Mercredi 16 septembre, 15 h 30, à l’Espace pour Demain : zoom sur les consomation d’énergie des robots de traite.
• Jeudi 17 septembre, 10 h 30, à l’Espace administration (salle I) : présentation d’outils pour accompagner les élevages robotisés (formations pour éleveurs et conseillers, vidéos et fiches techniques, rallye robot…)

