Comme on l’observe cet été, les sécheresses s’intensifient. Des fermes expérimentales du réseau FarmXP s’intéressent à des solutions fourragères pour s’adapter aux effets du changement climatique comme le pâturage hivernal, y compris avec des vaches laitières, testé avec succès à Trévarez. Ces pistes ont été présentées lors des Biennales FarmXP en février. Sur la ferme de Thorigné d’Anjou, en viande bovine, une association de protéagineux – céréales (méteil) intéresse pour des fourrages productifs récoltés avant la sécheresse estivale.
Une valeur croissante des mélanges
« Les méteils de 1re génération étaient basés sur des céréales en dose pleine (triticale) auxquelles étaient ajoutés des protéagineux à plus petite dose (pois fourrager, vesce), pour ne pas être confrontés au problème de verse », détaille Julien Fortin, responsable de la ferme expérimentale. La récolte se faisait au stade laiteux-pâteux de la céréale, générant plus de 9 t MS/ha. Ces mélanges (0,77 UFL, 8-9 % MAT) étaient destinés à des animaux à besoins modérés. La possibilité de semis de prairies sous ces couverts a aussi été validée lors des essais.
Face au changement climatique
À partir de 2019, les mélanges de 2e génération ont compris en plus la féverole, afin d’augmenter la productivité, la robustesse et la valeur nutritive des associations. « Elles nous ont permis de mettre en place des rations 100 % fourrages pour les couples mères/veaux d’automne, sans complémentation. »
Effet tuteur et valeur de la féverole
Pour les mélanges de 3e génération, « nous avons tenté d’augmenter la part de féverole qui présente un effet tuteur intéressant par rapport aux autres protéagineux, permettant d’allonger le cycle pour aller chercher davantage de biomasse/ha. »
Une association de 3e génération a été comparée aux mélanges de 1re et 2e génération, comprenant de la féverole (¾ dose pleine : 30 graines/m2), plus ¼ de dose triticale (65 gr/m2), plus du pois (15 gr/m2) et de la vesce (15 gr/m2). « Toujours en coupe directe et avec semis de prairie sous couvert, nous avons testé les résultats à deux stades de récolte : floraison des céréales (mi-mai) et laiteux-pâteux des céréales (début juin). » Premier enseignement, le stade tardif, profitant de la forte croissance fourragère de mai, apporte 3 t MS/ha supplémentaires par rapport à la récolte intermédiaire, qui affiche tout de même autour de 7 t MS/ha.
Moins de variabilité en récolte tardive
Par ailleurs, « on observe moins de variabilité en récolte tardive et des valeurs nutritives satisfaisantes avec un pourcentage de protéagineux élevé. La solution qui apporte le plus de MAT est le mélange avec beaucoup de féverole (1 758 kg/ha) ». Par contre, les mélanges très protéagineux affichent un peu plus de salissement des prairies du fait du risque verse et des plus faibles densités de semis.
Sur le plan économique aussi, la récolte tardive se montre plus favorable, aussi bien au niveau du coût ramené à la teneur en MAT qu’à la teneur en UFL. « Quels que soient les mélanges et stades de récolte, la teneur en UFL était proche », précise Julien Fortin.
Agnès Cussonneau
Le sorgho valorise les pluies de fin d’été
Le sorgho monocoupe a été testé sur la Ferme de Jalogny (Centre Est France). « Un effort a été fait par les semenciers en rendement et valeur alimentaire mais des itinéraires techniques sont à développer », précise Adrien Demarbaix travaillant sur la ferme où 10 variétés de sorghos ont été comparées au maïs, sur 5 ans. Les essais ont montré que « le sorgho a une capacité à limiter son évapotranspiration et revalorise les pluies de septembre. » Autre intérêt, le sorgho attire moins les sangliers. De bonnes valeurs UF et protéines ont été observées, « proches d’un très bon maïs ». Mais obtenir la maturité n’est pas toujours simple, le sorgho n’est semé qu’après le 15 mai. « Les variétés précoces ou demi-précoces correspondent à notre climat. » Dans des parcelles à potentiel limité pour le maïs et séchantes, « le sorgho à sa place. Les coûts d’implantation sont plus faibles (130 €/ha). De bons résultats d’engraissement sur des génisses charolaises ont été obtenus ».
