La mode, aujourd’hui retombée, de la coupe longue avec le concept Schredlage lancé par Claas a remis l’éclateur sur le devant de la scène. La plupart des constructeurs d’ensileuses ont fait évoluer leur offre pour atteindre le seuil des 70 % au score CSPS (Corn Silage Processing Score), indicateur qui rapporte l’amidon de la fraction fine (particules de moins de 4,75 mm) à l’amidon total.
Des rouleaux plus grands
Avec la disparition des modèles à disques trop usant, les progrès se concentre sur les éclateurs à rouleaux : diamètre, différentiel de vitesse et nombre de dents. Un diamètre de 250 mm est devenu la norme sur la majorité des machines. Seul Claas conserve du 196 mm sur ses deux plus petites Jaguar 800. Avec la montée en puissance des ensileuses, plusieurs marques proposent de plus grands diamètres : 300 mm chez Fendt sur toute la gamme, 305 mm chez Krone dès la BigX 680 et chez John Deere sur la F9000, jusqu’à 310 mm chez Claas sur la Jaguar 1000. Kemper propose même un éclateur de 330 mm, adaptable sur les plus grosses machines.
Les progrès se concentre sur les éclateurs à rouleaux
Ces gros rouleaux offrent davantage de surface de contact, ce qui permet de les desserrer pour absorber plus de matière à efficacité constante.L’agressivité de l’éclateur dépend aussi du différentiel de vitesse entre rouleaux : 30 et 40 % sont les valeurs les plus répandues, le 50 % restant réservé à la coupe longue, plus usant et gourmand en carburant. Le nombre de dents de chaque rouleau et le profil de denture varient selon les marques, tandis que des versions renforcées, avec traitement de surface, prolongent la durée de vie de l’éclateur.

Une caméra sur la goulotte
Encore faut-il que l’écartement des rouleaux soit correctement réglé. Cette opération, effectuée depuis la cabine, reposait jusqu’ici sur l’appréciation du chauffeur, au gré des exigences de l’éleveur. Or des analyses de terrain montrent que le CSPS plafonne souvent entre 50 et 65 %. Les constructeurs ont donc développé des solutions optiques d’analyse de l’ensilage. Claas a ouvert la voie avec une application mobile : plusieurs photos d’un échantillon suffisent pour qu’une IA détermine le CSPS, méthode également proposée par l’application SilageSnap. Le véritable saut technologique vient des systèmes embarqués présentés par Fendt, New Holland et Claas : une caméra sur la goulotte prend des clichés à intervalle régulier et affiche une estimation du CSPS en temps réel sur le terminal de cabine.

Si le chauffeur garde pour l’instant la main, il est déjà prévu que l’ajustement du serrage s’automatise pour atteindre le seuil fixé. Claas prévoit même que la machine réduise sa vitesse si l’objectif n’est pas atteint alors que l’éclateur est déjà serré au maximum.
Michel Portier
Raisonner le CSPS en fonction du silo
L’objectif de 70 % pour le CSPS est à moduler selon les conditions de récolte et de conservation de l’ensilage. L’éclatement des grains n’est en effet pas le seul paramètre qui conditionne la digestibilité de l’amidon. Selon Arvalis, le stade de récolte et la durée de stockage en silo jouent également un rôle important : un ensilage tardif pénalise la dégradabilité de l’amidon, tandis qu’un stockage prolongé, à l’inverse, l’améliore.
