Le pari réussi de la contre-saison

Élise Santerre conduit avec rigueur ses 170 Romanes. Flushing, béliers vasectomisés et échographie systématique lui permettent d'organiser son travail selon la taille des portées.

un éleveur avec un agneau dans ses bras dans un ancien poulailler réaménagé.jpg - Illustration Le pari réussi de la contre-saison
Élise Santerre a rénové deux anciens bâtiments de poulets de Janzé en bergeries, dans lesquelles elle démarre sa deuxième saison d'agnelage. | © Paysan Breton

Au Gaec de la Branchette, à Argentré-du-Plessis (35), personne ne se voyait reprendre les deux poulaillers de Janzé du nouveau site acquis par la structure. Élise Santerre, qui rêvait de s’installer en ovin, y a vu l’occasion de lancer son atelier en les rénovant en bergeries. Objectif : y conduire à terme 250 Romanes, réparties en deux lots de 125 mères, l’un mettant bas en contre-saison (août), l’autre en saison (février-mars), périodes creuses par rapport aux cultures. Le Gaec (cinq associés et trois salariés pour 2,5 ETP) compte aussi un troupeau laitier, 250 ha de SAU et un atelier de pain bio.

Une reproduction pilotée à l’échographie

Pour démarrer vite, le troupeau enchaîne trois agnelages en deux ans. Les brebis sont taries en passant quinze jours à la paille, puis reçoivent un flushing de 25 jours (apport de 400 g de concentrés) avec l’introduction de béliers vasectomisés, sur une durée de dix jours, pour grouper les chaleurs, avant l’introduction de béliers Charollais durant 34 jours. « Je mise avant tout sur l’alimentation », résume l’éleveuse.

Je mise avant tout sur l’alimentation

Soixante-quinze jours après le retrait des béliers, une échographie précise le stade et le nombre d’agneaux par brebis. « Cela me permet d’organiser mon travail selon l’importance des lots, et de séparer les mères pour adapter l’alimentation un mois et demi avant terme », explique-t-elle. Grâce aux cornadis, la ration matin et soir peut être individualisée. Et cela fonctionne. L’an dernier, sur 84 brebis en lutte : 4 étaient vides, 14 gestations simples, 52 doubles et 14 triples. Cette année, sur 83 femelles, les prévisions annoncent une prolificité un peu plus faible (2 vides, 17 simples, 55 doubles et 9 triples).

Une ration sèche qui s’adapte

Faute de marché pour valoriser les carcasses des agneaux en bio, Élise Santerre a réservé la luzerne et le maïs déshydratés au troupeau bovin lait bio. Elle est passée ensuite à un mélange céréalier autoproduit à 18 % de MAT, avant d’opter, en cette période de disette, pour un aliment conventionnel du commerce pour cette fin de gestation : 200 g au 20 juillet, puis 600 à 700 g – voire 1 200 g pour les portées triples – début septembre selon la taille de la portée. « Nous avons eu la chance de pouvoir faire beaucoup de foin en mai, avant les canicules, et nous comptons sur d’autres fauches d’herbe à l’automne. Le foin sera alors réservé aux brebis », précise-t-elle, souhaitant garder une ration sèche pour faciliter le travail, assurant seule l’atelier ovin.

Achat de reproducteurs

Les béliers (au nombre de 4 pour 80 brebis) reçoivent du foin à volonté et un flushing à hauteur de 250 g par jour, et ce trois mois avant la lutte. Par choix, il n’y a pas de renouvellement par croît interne. Sur les agnelles achetées en février à l’âge de 3,5-4 mois, la conduite de mise à la reproduction est la même que pour les adultes. Cette année, elle a démarré début juin. Et dès l’an prochain, les agnelles seront conduites en saison naturelle, technique jugée « plus simple à gérer sur agnelle qu’un désaisonnement ». Cet effectif constituera la base du second lot d’agnelage.

Carole David

Journée technique régionale le 1er octobre

Le GIE Élevages de Bretagne et ses partenaires organisent une journée régionale technique le jeudi 1er octobre, sur « les clés du succès de la reproduction en ovin ». De 9 h 30 à 17 h. Le matin, apports techniques en salle à l’Auberge L’Orée du Parc à Saint-Pern (35) avec Pierre-Guillaume Grisot, de l’Institut de l’Élevage, puis visite de l’élevage de Sophie Dartois à Médréac l’après-midi (375 Romanes – système de reproduction fractionné – Agneaux Label Rouge Brocéliande – Poulailler transformé en bergerie) et discussions autour de 3 ateliers techniques (préparer ses bélier, mortalité des agneaux, maladies abortives).Coût : 20 € (déjeuner compris) Inscriptions avant le 24 septembre : https://urls.fr/9Z5IR0 ou auprès d’Estelle Brayelle, au 02 23 48 29 00 ou accueil@ gie-elevages-bretagne.fr


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