Dans le contexte climatique parfois imprévisible de cette fin d’été bretonne, il convient de ne rien laisser au hasard. Les fenêtres météo étant souvent courtes, chaque intervention mécanique doit être calibrée avec précision pour sécuriser le potentiel de la culture avant la baisse des températures.
Réussir l’implantation du colza passe par un semis soigné et un contrôle rigoureux des ravageurs et adventices.
Un semis précoce et soigné
Pour rappel, il est important de semer tôt, de maîtriser la profondeur de semis entre 1 et 2 cm, d’avoir un sol rappuyé mais non compacté pour favoriser une bonne levée, l’enracinement et ainsi être plus résilient vis-à-vis des ravageurs, avoir un meilleur captage des éléments nutritifs et limiter le développement de la hernie du chou.
La gestion des adventices
Elle débute dès le semis, voire avant. Outre les leviers agronomiques comme le labour occasionnel, le colza s’avère précieux dans la rotation pour maîtriser les ray-grass résistants. En cas de pression élevée, démarrer dès le semis, même en conditions sèches. Les herbicides de pré-levée se réactiveront avec le retour des pluies. Ils offrent également un spectre intéressant sur la vulpie queue-de-rat et le pâturin annuel.
La sécheresse n’a pas permis de réaliser de faux semis permettant la gestion des repousses de céréales. Ces repousses peuvent nuire à l’installation du colza ; une intervention au stade 3 feuilles de la céréale est donc requise – et pas avant – pour garantir une bonne efficacité. En effet, en intervenant trop tôt, on peut ne pas contrôler les levées décalées.
En rattrapage sur les derniers ray-grass, la patience s’impose. La propyzamide, matière active de référence, exige un sol frais (<10 °C) et humide, sans être gorgé d’eau. D’autre part, un désherbage trop précoce avec cette substance (octobre), va engendrer une dégradation trop trop rapide de la matière active et l’on perdra en efficacité.
Les ravageurs à surveiller dès le départ
Malgré un été caniculaire et sec, le risque lié aux ravageurs reste important et impose une surveillance continue. En premier, dès qu’il y aura de l’humidité, les limaces risquent de revenir et, si on n’est pas attentif, peuvent rapidement causer de gros dégâts. Quant aux punaises des champs, fréquemment observées en août dans notre région, il convient de maintenir une vigilance accrue et de surveiller attentivement leur présence au sein des parcelles.
Vigilance petites et grosses altises
Le premier levier repose sur la vigueur du colza : faire en sorte qu’il atteigne le plus rapidement possible le stade 4 feuilles. Ensuite, une attention particulière doit être portée au risque de larves de grosses altises. Pour cela, prélevez des pieds de colza fin octobre afin de réaliser des tests Berlèse. Ensuite, selon la pression larvaire, intervenir à un stade bien précis : « le stade baladeur ».
En amont, la lutte contre les ravageurs exige une bonne préparation de sol (limiter les mottes et résidus de végétaux) et un semis tôt, pas trop profond permettant d’atteindre rapidement le stade 4 feuilles. Le second point clé est l’observation en positionnant des cuvettes jaunes avec de l’eau et un peu de liquide vaisselle pour piéger les insectes et identifier les pics de vols.
Philippe Lecuyer et Aurélien Duval / Eureden



