Une filière dynamique confrontée à des fragilités économiques

Une filière bretonne concentrée et peu structurée qui favorise la production biologique et la vente à la ferme.

Des chèvres dans un champ - Illustration Une filière dynamique confrontée à des fragilités économiques
© Getty Images

La production caprine bretonne est fortement concentrée en Ille-et-Vilaine, qui regroupe plus de la moitié du cheptel régional, devant le Morbihan (27 % des effectifs). Cette répartition s’explique principalement par la présence des collecteurs de lait dans ces deux départements. Cette faible structuration dans les Côtes-d’Armor et le Finistère favorise néanmoins un modèle alternatif : la transformation à la ferme qui permet aux éleveurs de valoriser directement leur production.

44 % des élevages bretons sont en bio

La Bretagne se distingue également par un fort engagement en agriculture biologique : 44 % des élevages caprins régionaux sont certifiés bio, contre seulement 12 % à l’échelle nationale. Cette dynamique se confirme lors des installations, dont 72 % se font désormais en bio.

Des revenus sous la pression de l’augmentation des charges

Cerfrance Bretagne accompagne plus de 40 % des éleveurs caprins livreurs (hors transformation à la ferme) d’Ille-et-Vilaine, dont la moitié sont spécialisés en production de lait de chèvre conventionnel.

Pour ces derniers, la hausse du prix du lait ces dernières années a permis une nette progression des marges. En 2025*, la marge brute moyenne progresse ainsi de 16 % sur un an et de 47 % sur deux ans. Si la hausse du prix du lait permet de dégager davantage de marge, elle ne suffit toutefois pas à compenser l’augmentation des charges de structure, notamment les postes de mécanisation et de main-d’œuvre. Le résultat courant recule ainsi de 23 % en un an et de 45 % en deux ans. Pour la première fois depuis 4 ans, le prix du lait de chèvre ne suffit plus à couvrir le coût de revient en 2025*, traduisant une dégradation de la rentabilité des élevages.

Les élevages biologiques, particulièrement présents en Bretagne, sont encore plus exposés, le prix du lait bio ayant moins progressé que celui du conventionnel. L’écart entre les deux filières est passé de 210 à 170 €/1 000 litres entre 2022 et 2025. Dans un contexte de hausse des charges, cette moindre progression limite l’amélioration des marges et pèse davantage sur les résultats des exploitations bio.

Avec la sécheresse de l’été 2026, les éleveurs caprins abordent l’année dans un contexte fourrager plus difficile, susceptible de fragiliser davantage leur équilibre économique.

Laura Perrin / Cerfrance Bretagne

*sur les clôtures comptables de juillet 2024 à juin 2025

Une augmentation de 20 % de la collecte entre 2021 et 2025

Encore discrète face aux grands bassins caprins français, la Bretagne s’impose progressivement comme une région dynamique en production de lait de chèvre (+20 % de lait collecté entre 2021 et 2025). En 2025, elle compte 163 élevages et s’appuie sur un modèle fondé sur des exploitations à taille humaine, la bio et la transformation à la ferme. Mais la hausse des charges, la fragilité du marché bio et les difficultés de collecte dans certains territoires constituent aujourd’hui des enjeux majeurs pour préserver la rentabilité des exploitations et assurer l’avenir de la filière.


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