Après des études de boucherie et quelques premières expériences professionnelles dans le métier, Jordan Robino décide de se réorienter vers l’élevage. Une décision qui ne vient cependant pas de nulle part. « J’ai toujours eu envie de m’installer », affirme le jeune homme de 27 ans. « Je n’ai pas de famille dans le monde agricole, mais j’allais souvent donner des coups de main chez un voisin de mes parents qui était éleveur de porc. J’ai aussi été salarié pendant deux ans chez un autre éleveur. » En 2025, Jordan Robino retourne sur les bancs de l’école pour décrocher un BPREA. C’est dans ce cadre qu’il réalise un stage à la SARL Porcs de Kerstrat, à Séglien (56). « Les deux associés de la structure ont 57 et 58 ans et n’ont pas de repreneur. Je me suis aussi rendu compte en y travaillant que cet élevage cochait toutes les cases de mon exploitation rêvée : 350 truies naisseur-engraisseur, 240 ha, et une Faf qui garantit une certaine autonomie alimentaire. » Depuis octobre 2025, Jordan Robino est salarié de l’exploitation. Il s’y installera en septembre prochain. « J’ai carte blanche sur la partie élevage », ajoute-t-il. « Tant que les résultats suivent, mes futurs associés me font confiance. »

Un nouveau groupement
Afin de mener au mieux son projet d’installation, Jordan Robino s’est appuyé sur Eureden, le nouveau groupement de l’exploitation. « Nous l’avons aidé dans l’estimation de l’élevage et les négociations des parts sociales », explique Patrice Lavolé, conseiller installation en production porcine chez Eureden. « Aujourd’hui, Jordan est majoritaire avec 40 % des parts, ce qui souligne bien la volonté des deux associés de lui laisser progressivement la main. » L’expert était également présent lors des rendez-vous avec les banques et les juristes. Enfin, un audit bâtiment a été réalisé afin d’estimer le coût de construction de 12 places supplémentaires en maternité. « Nous avons avancé étape par étape et tout s’est fait de manière fluide », se rappelle le futur agriculteur.
Ne pas tout changer
L’objectif de Jordan Robino n’est pas de bouleverser le système, mais d’améliorer ce qui peut l’être. La génétique est ainsi restée identique, tout comme la conduite de l’élevage en 7 bandes avec sevrage 28 jours. « Mon objectif est d’atteindre 10 000 charcutiers par an », lance-t-il.
Mon objectif est d’atteindre 10 000 charcutiers par an
« Les progrès techniques passeront par un meilleur suivi des animaux, car je suis présent dans l’élevage tous les jours, mais aussi par une meilleure gestion de l’alimentation. » L’aliment a d’ailleurs été revu de A à Z et est désormais fabriqué exclusivement sur la ferme. « Il nous manque 200 t d’orge et autant de maïs pour être 100 % autonomes sur les cultures. Le soja, le tournesol et les minéraux sont quant à eux achetés chez Vetagri. » Depuis que le jeune homme a repris les rênes de l’élevage, le nombre de sevrés est passé de 12,5 à 13,5, avec un objectif fixé à 14. À terme, le jeune éleveur aimerait également construire une nouvelle maternité.
Alexis Jamet
Un deuxième site bienvenu
Jordan Robino a acheté un deuxième site, situé à 800 mètres du site principal. Celui-ci dispose d’une SAU de 32 ha, d’une maison d’habitation, d’un bâtiment de 204 truies naisseur-engraisseur, d’une Faf avec un stockage de 1 200 tonnes. « J’avais besoin de 500 places d’engraissement supplémentaires pour mon installation. Ce deuxième site me permet de les avoir, et pour un coût bien inférieur à celui d’un bâtiment neuf. À l’avenir, toutes les truies seront sur le site principal et l’engraissement se fera sur l’autre. »

