Dossier technique

Mettre l’entreprise sur de bons rails

EARL Pen Bizien, La Roche-Jaudy (22) - Installé depuis janvier 2025, Maxime Bouillennec a bénéficié de l’aide de Porélia pour trouver l’exploitation à reprendre qui lui correspondait le mieux. La coopérative met tout en œuvre pour que l’éleveur se lance dans une activité qui le rémunère.

Deux hommes devant une porcherie - Illustration Mettre l’entreprise sur de bons rails
Jean-René Joliff, à gauche, a accompagné Maxime Bouillennec tout au long de son parcours de recherche d'élevage. | © Paysan Breton – F. Paranthoën

C’est en effectuant son stage en classe de 3e auprès de Christian Ollivard, technicien d’élevage, que Maxime Bouillennec a trouvé sa voie : le collégien de l’époque a forgé sa première expérience à la Coopérative d’élevage de Bretagne, structure qui donnera naissance par la suite à Porélia. Non issu du monde agricole, il se rend compte de sa passion pour les animaux, commence peut-être déjà à penser à un projet d’installation. Une phase de salariat de 10 ans poursuit son parcours, puis l’envie de voler de ses propres ailes devient un objectif à atteindre. Ce fut chose faite au 1er janvier 2025. Le Costarmoricain a posé ses valises à La Roche-Jaudy (22), accompagné par Porélia.

Un équilibre entre élevage et foncier

Jean-René Joliff, responsable commercial pour la coopérative basée à Pleyben (29), l’a aidé à trouver l’élevage à reprendre qui correspondait aux attentes du porteur de projet, à savoir dans un secteur géographique proche de Guingamp. « Je connaissais ce site et l’éleveur en fin de carrière qui cherchait à transmettre » explique-t-il. Après une première rencontre, le responsable s’est rendu compte que « vous étiez mûrs tous les deux. C’est ensuite plus facile ». Une formation auprès de la Chambre d’agriculture, une étude technico-économique et un prévisionnel sont établis auprès d’une banque pour préciser les choses.

Faire comprendre que le jeune devient chef d’entreprise

Quand un jeune se manifeste auprès de la coopérative avec en tête un projet de reprise, Jean-René Joliff recherche une exploitation « adaptée. L’objectif est toujours d’aller vers un prix de revient cohérent pour que l’éleveur ait un revenu. Cette cohérence s’illustre aussi par un équilibre entre la dimension de l’élevage et le foncier, il faut être autonome en aliment et en fertilisation ». Aussi, le responsable s’attache à inculquer l’esprit entrepreneurial. « Notre mission est de faire comprendre aux jeunes qu’ils sont désormais des chefs d’entreprise. Il leur faut une vision durable, à 30 ans. Si le porteur de projet n’a pas cette vision, il faut savoir prendre la décision de dire non ».

Garder des repères

Sur l’élevage repris, Maxime Bouillennec a repensé l’organisation, « mais tout n’était pas à remettre en cause, loin de là ». Avec 190 truies et 105 ha, le sevrage des porcelets auparavant à 21 jours est passé à 28 jours. La génétique a également été changée. Point positif, « l’assise foncière est ici de qualité. Nous avons calculé les marges brutes à l’hectare, c’est un atout indéniable. Quand on reste sur ces calculs fondamentaux, on se trompe peu ».

Sur la ferme, certains bâtiments sont récents, les plus anciens « sont très bien entretenus, il n’y a pas eu de surprise à mon installation », fait observer le jeune éleveur. Dans les projets du nouvel installé, des engraissements supplémentaires, une fabrication d’aliment à la ferme, mais Jean-René Joliff conseille de « rester dans des critères annuités/kg raisonnables. Il ne faut pas se mettre dans le rouge. Cependant, nous veillons aussi à ne pas trop border les éleveurs ». Autrement dit, la liberté de prise de décision est laissée à chacun.

Fanch Paranthoën

Accompagnement technique et financier

Maxime Bouillennec bénéficie pour son installation d’un accompagnement technique renforcé, d’un prêt de 250 €/truie (à 1 % d’intérêt). « C’est une façon de montrer que l’on a confiance dans le projet », selon Jean-René Joliff. Autre coup de pouce de la coopérative, la GTE et la GTTT prise en charge à 50 % pendant 2 ans.


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