Une sonnerie caractéristique retentit dans les locaux du Sdis de Quimper. Dans l’impressionnante salle du Service départemental d’incendie et de secours, le lieutenant-colonel Pascal Pitor prend immédiatement les opérations en main. Un des 9 sites équipés de caméras a repéré une fumée suspecte grâce à l’intelligence artificielle, la vue de la campagne concernée s’affiche sur un écran géant. Les pompiers sont aidés par de nouvelles technologies qui leur permettent d’agir et d’être présents encore plus vite : des détecteurs autonomes posés sur des arbres dans certaines forêts analysent et mesurent les teneurs en CO
374 feux d’espaces naturels en 2025
Si besoin, le pompier fait décoller l’hélicoptère stationné à Quimper. Pour cet exercice du jour, une simulation de feu a été créée à proximité de Concarneau. Morane 29 décolle, charge en mer son Bambi Bucket, autrement dit sa réserve de 900 L, et intervient sur le feu qu’il éteint, puis revient à sa base quimpéroise. « Entre le départ de Quimper, l’opération de chargement de l’eau et de largage, le retour à Quimper, il s’est passé 20 minutes », chiffre Pascal Pitor. Loué pour la saison, l’hélicoptère est financé par le Conseil départemental du Finistère et par l’État. L’avantage de l’utilisation de cet engin bombardier d’eau est d’arriver vite, avant même que les premiers signalements arrivent, et sur les feux naissants. En 2025, 374 feux de forêt et d’espaces naturels se sont formés.
Des camions et des tonnes à eau
Les pompiers du Finistère peuvent compter sur 45 camions citerne répartis sur le département, 12 camions de grande capacité, et 2 300 sapeurs. Et les agriculteurs jouent aussi un rôle quand il s’agit intervenir. Le président du Conseil départemental Maël de Calan salue leur engagement. « Ils savent se mobiliser. Nous sommes aujourd’hui mieux préparés, un cadre est fixé, des contacts territoriaux sont établis ». Les pompiers sont formés à des techniques comme le brûlages dirigé, « il est parfois plus judicieux de condamner quelques hectares plutôt que d’en perdre plus », estime Pascal Picor.
Dans des points stratégiques, des bâches à ciel ouvert sont déployées. Elles servent à alimenter les camions citerne et sont remplies tout au long de l’année par les agriculteurs référents. « Nous sommes aussi aidés par les agriculteurs et les entrepreneurs pour créer des chemins d’accès », conclut le pompier.
Fanch Paranthoën
Un été à risque
Le lieutenant-colonel Picor ne cache pas son inquiétude face à la situation actuelle. « L’arc méditerranéen est en feu, nous sommes dans un contexte similaire à 1976 ».La vigilance est de rigueur et est l’affaire de tous, 9 départs de feu sur 10 sont d’origine humaine.

