Dossier technique

De petits poumons à préserver

Desux vaches de race Holstein au cornadis en train de consommer une ration à base d'ensilage de maïs dans une étable - Illustration De petits poumons à préserver
Le renouvellement d'air doit être adapté en bâtiment pour préserver la santé des bovins. | © Paysan breton - T. Dagorn

L’appareil respiratoire du bovin présente « une fragilité anatomique », rappelle Virginie Denizot de GDS Bretagne. « C’est en quelque sorte son talon d’Achille. » La vétérinaire-conseil rapporte une étude qui a comparé la taille de l’appareil respiratoire d’un cheval, d’un homme et d’un bovin tous ramenés à un poids corporel équivalent de 500 kg : le cheval présenterait 42 L de capacité pulmonaire, l’homme 35 L et le bovin 12 L… En plus de ce volume limité (« peu d’air recyclé à chaque mouvement respiratoire »), le poumon du bovin présente une bonne part de tissu conjonctif au détriment des surfaces d’alvéoles pulmonaires irriguées de vaisseaux sanguins en charge des échanges gazeux. « En résumé, la vache a de petits poumons peu fonctionnels pour oxygéner une grosse carcasse. »

Escalator et mucus en défense mécanique

Sans oublier que les conduits respiratoires – « les tuyaux » – sont plutôt étroits, « sensibles aux turbulences et aux frottements de la paroi qui est ainsi sujette aux irritations ». Les poussières, irritant mécanique, et les gaz, irritant chimique, agressent et fragilisent la muqueuse. « Dans les bronches, le mécanisme de défense naturelle allie des cellules équipées de cils qui agissent comme un escalator et une sécrétion de mucus collant qui tapisse les conduits pour engluer les poussières. Le mucus est recraché par la toux. » Mais l’ammoniac, toxique, a la particularité d’inhiber le bon fonctionnement des cellules ciliées. En fragilisant les défenses mécaniques, l’ammoniac favorise une accumulation dans les bronches de mucus chargé en poussières et en agents pathogènes qui peuvent ainsi coloniser plus en profondeur le système respiratoire.

Quand le nez pique, le bovin souffre

Alors quand s’inquiéter de l’ambiance de son étable ? « Si l’éleveur a le nez dérangé quand il entre 5 ou 10 minutes, il est certain que les bovins qui y passent parfois 24 heures sur 24 inhalent des quantités importantes d’ammoniac. La ventilation doit alors être revue. En nurserie, c’est encore plus sensible : le veau, plus petit, a la tête au ras du sol et l’impact est potentiellement plus fort encore. » La vétérinaire termine en rappelant que le fragile système respiratoire du bovin est « précieux et à préserver en élevage ».

Toma Dagorn


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Fermer l'écran superposé de recherche

Rechercher un article