Installé en élevage caprin en 2003 après l’obtention d’un BPREA et de deux années comme salarié agricole, Éric Menoret a exercé le métier d’agriculteur pendant plus de dix ans. Contraint d’arrêter pour raisons de santé en 2014, il s’oriente vers une reconversion à 43 ans.
Découverte des MFR
Il suit dans un premier temps le stage de trois jours « Continuer ou se reconvertir », proposé par la Chambre d’agriculture et la MSA. « Un temps de réflexion riche et très dense », intéressant à suivre dans ces phases de la vie où l’on doit prendre des décisions importantes. Cela lui permet de découvrir le réseau de formation des Maisons familiales rurales (MFR).
Il envoie alors plusieurs candidatures et décroche rapidement des remplacements comme formateur, malgré l’absence d’expérience pédagogique.
Viser un bac+3
Il enseigne à la MFR de Questembert en 2015, avant d’intégrer en 2019 le centre de formation de Caulnes, où une exigence s’impose : disposer d’un diplôme de niveau bac+3. Éric Menoret n’a alors qu’un bac+2, un Deug de biologie. « Je m’en suis toujours voulu de ne pas avoir validé ma licence », confie-t-il. Reprendre un cursus classique n’est pas envisageable : vie familiale (père de trois enfants, âgés de 14, 11 et 7 ans au moment de sa démarche), contraintes financières, emprunt immobilier… Il choisit donc la validation des acquis de l’expérience (VAE) que lui fait découvrir un ami.
Accompagné par le réseau MFR et l’université Bretagne Sud, il s’engage dans une VAE pour une licence GOAA (Gestion des organisation agricoles et agroalimentaires).
Rassembler les preuves des compétences acquises
« J’aurai aimé faire une licence de zoologie, mais cela ne correspondait pas à mon expérience professionnelle. J’ai donc choisi un autre diplôme. Le thème ne m’était pas imposé, je recherchais juste un bac+3. » Pendant sept week-ends, il constitue un dossier de 120 pages, étayé par de nombreuses preuves (attestations, copies de mail, photographies formant des annexes de 100 pages).
On ne fait que s’appuyer sur son expérience personnelle et professionnelle
« On ne fait que s’appuyer sur son expérience personnelle et professionnelle. Le métier d’agriculteur offre une diversité de compétences considérables que l’on sous-estime bien souvent… » Trois activités devaient entre autres être choisies et passées au crible, analysées au regard du référentiel du diplôme.
« Les miennes sont consacrées sur mon expérience en tant qu’exploitant agricole : j’ai pu insister sur les différentes démarches lors de mon installation dans un premier temps. Puis, comment devenir un acteur de la filière agricole, en insistant sur mon expérience de membre au bureau du GIO (syndicat ovin et caprin). La dernière activité se basait sur le fait de ne plus être exploitant agricole : pourquoi j’ai arrêté, comment on arrête son activité dans une exploitation, incidences sur le Gaec, etc. »
Un engagement personnel
Très à l’aise avec l’outil informatique, un atout selon lui, il souligne toutefois la nécessité d’une organisation rigoureuse et d’un fort engagement personnel.
Il insiste aussi sur l’importance du soutien de l’entourage familial, indispensable pour dégager du temps et réfléchir au calme pendant plusieurs weekends.
Carole David
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Repères sur le parcours et la démarche VAE
Au-delà de la validation, la démarche VAE agit comme un révélateur. « En tant qu’agriculteur, on est avant tout un chef d’entreprise agricole : on investit, on produit, on vend. » Aujourd’hui formateur, son vécu d’éleveur nourrit ses enseignements et renforce sa crédibilité. Convaincu, il encourage les agriculteurs à faire reconnaître leurs compétences. « Les connaissances et les compétences s’accumulent tout au long de la vie. Les diplômes sont donc accessibles. Même après 50 ans… Je réfléchis à poursuivre et m’engager dans une seconde VAE, pour me voir décerner la licence en zoologie sur laquelle je lorgne depuis quelques années, et pourquoi pas un master ensuite ? Il ne faut pas hésiter à se lancer. »

