Les fermes Rica (Réseau d’information comptable agricole) produisent davantage de lait par exploitation et par actif. Cette performance repose sur des troupeaux plus importants, une forte productivité et une part significative de maïs dans la surface fourragère principale.
En contrepartie, ces systèmes mobilisent davantage de capital. En 2023, les annuités représentent en moyenne plus de 80 % de l’EBE, traduisant une dépendance aux volumes produits et à la stabilité des prix du lait. Les fermes herbagères affichent des volumes plus modestes mais une structure de coûts allégée. Le pâturage constitue la base de l’alimentation, limitant les achats de concentrés, d’engrais et de fourrages. Selon l’observatoire, les fermes herbagères utilisent en moyenne 925 kg de concentrés/UGB/an en moins que leurs homologues du Rica.
Cette orientation se traduit par une efficacité économique supérieure : pour 100 € de produits, ces fermes dégagent 12 € de plus de valeur ajoutée que les fermes Rica. Le coût alimentaire aux 1 000 L y est deux à trois fois inférieur, selon que la ferme est en bio ou pas.
Plus de revenu par actif
À prix du lait comparable, les résultats rapportés à l’actif montrent un revenu par associé plus élevé dans les fermes herbagères (+ 8 000 €/actif). En période de tension économique, comme en 2022-2023, ces systèmes amortissent mieux les chocs : la baisse du résultat courant y est plus limitée que dans les fermes Rica, grâce à une moindre exposition à la volatilité des prix. En outre, les fermes herbagères, à forte autonomie fourragère, sont moins sensibles aux fluctuations des marchés des intrants.
Enfin, avec des capitaux à racheter globalement moindres, les fermes « herbagères » sont considérées comme plus faciles à transmettre.
Alexis Jamet

