PPE : quel avenir pour les renouvelables ?

La PPE 3 redéfinit les objectifs énergétiques. Quelles seront les  conséquences pour les projets agricoles ?

Un bâtiment d'élevage bovin avec une couverture en panneaux photovoltaïques - Illustration PPE : quel avenir pour les renouvelables ?
La PPEE3 redéfinit la trajectoire des filières vertes. Pour le solaire, l’objectif est de 54 GW en 2030. | © CURIOS - stock.adobe.com

La 3e Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) a pris du retard. Son report à 2026 traduit l’ampleur des débats autour des choix énergétiques et de leur financement. Ce retard s’explique par la nécessité d’intégrer les conclusions d’un audit gouvernemental sur le coût des énergies renouvelables, dans un contexte de contraintes budgétaires et de transition accélérée.

Des objectifs revus à la baisse

Avec la neutralité carbone en ligne de mire pour 2050, la PPE 3 fixe la feuille de route énergétique pour 2025-2035. Les énergies renouvelables restent au cœur du mix énergétique, mais les ambitions sont moins élevées que prévu. Pour le solaire, la trajectoire envisagée se situe entre 54 GW en 2030 et 65 à 90 GW en 2035, contre des prévisions antérieures allant jusqu’à 100 GW. Certaines hypothèses évoquent même 47 GW en 2030 pour éviter un suréquipement. L’éolien poursuit sa croissance, notamment offshore. Quant à la méthanisation, elle est encouragée via l’injection de biométhane, mais les objectifs restent prudents.

Des impacts directs pour les exploitants

Pour le photovoltaïque, la baisse des tarifs d’achat et le plafonnement à 100 kWc modifient la rentabilité. Au-delà, les exploitants doivent passer par des appels d’offres simplifiés, moins rémunérateurs. L’absence de trajectoire pour l’agrivoltaïsme interroge, alors que ce modèle est perçu comme stratégique pour concilier production d’énergie et adaptation agricole. En méthanisation, la PPE privilégie l’injection au détriment de la cogénération, dont les nouveaux projets ne bénéficient plus de tarif garanti depuis septembre 2025. L’objectif de 50 tWh PCS de biogaz, dont 44 injectés, paraît ambitieux au regard des tendances actuelles.

Face à la réduction des soutiens publics, le financement privé devient incontournable. Les contrats de long terme, comme les Power purchase agreements (PPA) pour l’électricité ou les Biomethane purchase agreements (BPA) pour le gaz, sécurisent les revenus. La mise en œuvre des certificats de production de biométhane début 2026 complète ces dispositifs. Dans un contexte plus concurrentiel, les exploitants devront faire preuve d’agilité pour maintenir la rentabilité de leurs projets.

Stéphane Le Biavant / Cogedis

À retenir pour vos projets

La PPE 3 marque un tournant pour les énergies renouvelables : ambitions revues à la baisse, baisse des tarifs d’achat et priorité donnée à l’injection de biométhane. Pour les exploitants agricoles, la diversification des financements devient essentielle. Les PPA et BPA offrent des solutions pour sécuriser les revenus, mais exigent une approche plus stratégique et une capacité d’adaptation rapide.


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