Préparation à l’hiver après un bel automne herbager

Installé en 2000, Jean-François Bréhaut est éleveur laitier à Nostang (56) sur zone séchante. En bio depuis 2009, il nous partage sa préparation de l’hiver.

Un homme dans un champ avec des vaches derrière - Illustration Préparation à l’hiver après un bel automne herbager
Jean-François Bréhaut, à Nostang (56), avec les génisses pâturant le couvert avoine d'une nouvelle prairie.

« Avec l’automne doux et humide, nous avons eu une belle qualité herbagère. Mes taux et ma production sont toujours bien TB 44 et TP 34 et la production s’établit à 18 kg/VL/j pour 2 traites. Les leucocytes ont bien baissé », décrit Jean-François Bréhaut. Les vaches sont sur une parcelle parking la journée et elles retournent au pâturage la nuit. L’éleveur met un round de foin à l’auge tous les 2 jours et 2 rounds d’enrubannage au champ par jour pour 49 VL. Cela correspond à 750 kg de MS consommés par jour, soit 15 kg/j/VL. Elles seront avec ces rations jusqu’à mi-décembre.

« J’ai une dizaine de vaches taries avec 5 génisses pleines qui sont envoyées jusqu’à mi-décembre sur une prairie non accessible. Les prochaines taries iront avec d’autres génisses pâturer une prairie sous couvert avoine : il faut que l’avoine soit pâturée avant l’hiver pour que la prairie parte bien, mais ne pas trop mettre de pression pour ne pas l’abîmer. »

Jean-François Bréhaut rapprochera les gestantes quand elles seront prêtes à vêler, « quand les mamelles commencent à gonfler » pour éviter un vêlage à 2 km de la ferme.

Les taries reçoivent des minéraux et oligo-éléments spécial tarissement, chlorure de magnésium et sel marin pour éviter la fièvre de lait et la chute de calcium au vêlage. Une fois en bâtiment mi-décembre, elles ne recevront que du foin. Elles seront logées sur aire paillée, plus confortable pour le vêlage. Les trayons sont imbibés d’une colle à base de sève de pin pour faire barrière aux bactéries. Trois jours après le vêlage, elles repartent dans le troupeau laitier, en système logette, accompagnées de leur veau.

La ferme de Légevin a choisi de s’équiper en logettes en 2007 pour des raisons sanitaires. Après l’installation et l’agrandissement du troupeau, l’aire paillée était devenue trop restreinte pour les 60 VL. L’échauffement des litières créait de nombreuses mammites. Les logettes présentent des avantages non négligeables tant d’un point de vue hygiène que confort si elles sont correctement dimensionnées avec un paillage abondant. Il faut prévoir une largeur suffisante pour permettre le couchage de l’animal et un couloir de circulation assez large pour ne pas limiter la fréquentation des logettes dos à la table d’alimentation afin de permettre une circulation fluide des animaux. Les pieds arrière de la vache en position debout doivent arriver à 10 cm du seuil. Depuis l’installation des logettes, les mammites cliniques ont été presque toutes supprimées.

Pour finir, l’hiver est aussi le temps pour l’entretien, le nettoyage et les petits travaux à l’intérieur du bâtiment. Bref, on ne s’ennuie pas non plus à cette période.

Civam 56 : 07 60 10 22 64

Repères : 1,2 UTH ; 88 ha de SAU, 50 ha accessibles dont 16 ha de prairies naturelles moins productives car hydromorphes ; 60 VL dont 10 en tarissement ; 240 000 L vendus (41 TB – 32 TP) ; Ration : 70 % herbe pâturée ; Zéro concentré ; stocks consommés : 750 kg MS/UGB/j ; IA par l’éleveur ; Race : Prim’Holstein, Rouge norvégienne, Jersiaise ; Primipares : vêlage 24 mois.

Zone intermédiaire

Coralie Gallais – Merléac (22)

Les vaches continuent de pâturer en journée. Elles devraient être rentrées nuit et jour autour du 10 décembre, tous les paddocks n’auront pas été nettoyés mais ce seront les premiers déprimés en sortie d’hiver. La ration est constituée pour moitié de pâturage et pour moitié d’ensilage d’herbe. Le silo est ouvert depuis le 10 novembre. Les stocks d’enrubannage sont bas du fait de la sécheresse de l’été, il faudra en faire un peu plus l’année prochaine pour reconstituer les stocks. Il nous reste de l’ensilage de maïs de 2024, il sera distribué aux fraîches vêlées en janvier. La production est de 9 L/VL/jour en monotraite avec des taux de 53 en TB et 40 en TP.

Cédapa : 02 96 74 75 50

Zone séchante

Maxime Daguin – Rannée (35)

Avec la pluie et les températures douces, il y a de la pousse d’herbe. Les animaux sont dehors, en ration 100 % herbe. On a 2 à 3 semaines avant de rentrer les chèvres au bâtiment, où elles seront affouragées en vert. 1/3 des chèvres sont taries ; pour le reste du troupeau, on est en moyenne à 1,5 L par tête. La salle de traite sera fermée pour Noël. Les bovins viande feront du pâturage hivernal si la portance reste bonne, avec un apport de foin dans un râtelier. J’ai déjà testé le bale grazing, mais je trouve qu’il y a des pertes. Il y a du boulot avec la transformation, mais c’est une période un peu plus calme : les céréales sont semées et les travaux des champs terminés.

Adage : 02 99 77 09 56

Zone humide

Aurélie Cheveau – Querrien (29)

C’est la fin de lactation : les vaches produisent 10 litres par jour à TB 55 et TP 41 avec 4 kg MS de foin le matin après la traite et le reste au pâturage. Nous allons tarir tout le troupeau le 4 décembre. Nous avons préparé la première parcelle de bale grazing avant les 40 mm de ce weekend. Nous avons placé 80 bottes sur 4 ha d’une parcelle très portante qui nourriront 60 vaches pendant 40 jours, le reste des vaches seront au pâturage. Les deux lots de génisses pâturent les parcelles non accessibles au fil. Elles se portent bien et resteront en ration 100 % herbe tout l’hiver.

Civam 29 : 02 98 81 43 94

Fertiliser et amender ses prairies pour les faire durer

Une prairie satisfaisante est définie au Cedapa par le maintien d’un taux de trèfle supérieur à 20 % et d’un rendement de plus de 6 tMS/ha. Les éleveurs qui parviennent à conserver un état satisfaisant de leurs prairies âgées de plus de 8-10 ans sont à la fois vigilants :

  • Aux bonnes pratiques de pâturage : bien raser au déprimage, alterner fauche et pâture, broyer les refus 1 fois par an, respecter des temps de retour de plus de 60 j en été…
  • Et aux apports de chaux et potasse. Passé 10 ans, les seuls apports organiques ne suffisent plus.

Une recette en termes de fumure et amendements qui semble porter ses fruits serait : 12 à 15 t/ha de fumier à l’automne tous les 2 ans, en alternance avec un apport de 25 à 30 m3/ha de lisier en fin d’hiver, complété d’apports minéraux pour les prairies âgées : 1 t/ha d’amendement calcaire tous les 5 ans, et de 120 kg/ha de potasse tous les 5 ans.

(synthèse à retrouver sur le site du Cedapa)


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