Élevage

L’élevage embauche à tour de bras

Qui dit élevage dit besoin de bras. Les agriculteurs contribuent au développement économique du milieu rural, en proposant des emplois permanents.

Dans le département du Finistère, les emplois induits par les productions agricoles sont supérieurs au nombre d’exploitants, et ce depuis 2015. 25 000 à 26 000 personnes exercent chaque année un emploi permanent, ce qui représente 10 500 à 11 000 Équivalent Temps Plein (ETP), quand les chefs d’exploitation sont aux alentours de 8 000 (chiffre de 2015).

Le modèle agricole breton génère des emplois, mais aux offres ne répondent pas toujours à des candidats. « En élevage, il manque 150 salariés en Finistère, entre la production porcine et le lait », indique Gilles Burel, de l’Anefa. « Il faut 4 à 6 mois pour trouver un salarié permanent », ajoute-t-il. Le modèle polyculture-élevage nécessite « une approche particulière et qui est parfois occultée à l’installation, dans un système qui repose sur la main-d’œuvre familiale. L’organisation peut devenir prégnante quand le départ à la retraite des parents ou d’un collaborateur n’est pas anticipé ». Et le responsable de citer de nombreuses communes très rurales à dominante salariale. « À Plouvorn, Plonévez-Lochrist, Querrien, Poullaouen ou Spézet, il y a du personnel dans quasiment toutes les exploitations. Tous les exploitants ont un besoin de main-d’œuvre extérieure, au minimum pendant leurs congés ou pour des besoins de remplacement en cas d’arrêt de travail ».

8 minutes le matin et le soir

Scaër (29) fait partie de ces communes rurales qui génèrent de l’emploi agricole. « Il y a au moins 40 salariés permanents », chiffre Gilles Burel. Kevin Lan, à la tête d’un élevage de 200 truies naisseur-engraisseur depuis son installation il y a 1 an, a recruté une personne au départ à la retraite du salarié de la ferme familiale. « En porc, c’est plus difficile de trouver des profils masculins », observe-t-il. Depuis l’année dernière, Clémence Beloeil est venue renforcer l’équipe. Titulaire d’un bac pro CGEA et d’un BTS Acse, la jeune femme s’était destinée à travailler plutôt dans le milieu laitier. « J’ai été formée en porc grâce au groupement, mais surtout sur le tas ». La grande force du modèle polyculture-élevage tient à son aspect local ; les exploitations génèrent des emplois dans des territoires ruraux où les grands groupes (de service ou de commerce) ne sont pas toujours présents. « C’est un métier très épanouissant, on est investi. La production porcine est très organisée, chaque semaine est définie à l’avance. On sait à quelle heure se termine le travail, c’est un privilège pour la vie de famille ».

Cerise sur le gâteau, la salariée habite à 8 minutes de l’exploitation. « C’est la 1re fois que je travaille sur la commune où je réside. C’est très agréable pour l’embauche du matin et pour la fin de journée ». Ce bassin d’emploi offert par l’élevage sert aussi à dynamiser le milieu rural, avec des jeunes qui viennent s’installer à la campagne.

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