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Former les agriculteurs et salariés de demain

La situation est compliquée pour trouver de la main-d’œuvre et pour remplacer les agriculteurs qui partiront à la retraite. À L’Iréo de Lesneven, les formations en productions végétales font le plein, l’élevage est plus boudé.

« On retrousse nos manches, grâce à des portes ouvertes, notre présence à Agri Deiz ou au salon Azimut, en participant à des forums de l’emploi, en liant des partenariats avec l’Anefa. Que deviendra l’agriculture bretonne s’il n’y a plus de candidats en face ? », questionne Isabelle Dewu, directrice de l’Iréo de Lesneven. L’établissement recevait la visite de la conseillère régionale Émilie Kuchel, l’occasion de faire un point sur la situation de la formation agricole et d’alerter sur le besoin de main-d’œuvre.
« On croit aux petites actions courtes, comme la découverte des métiers verts ou des interventions dans les collèges ». Avec ses 38 formateurs, le site finistérien accueille 400 apprenants. S’il est difficile de chiffrer le nombre d’installations à l’issue de ces formations, la directrice estime que « environ 30 % des effectifs ont un projet d’installation ».

Dans un groupe d’adultes préparant un brevet professionnel responsable d’atelier de production horticole (BPRAPH), les apprenants sont issus du milieu social, de la publicité, ou encore des métiers du chauffage. « Je souhaitais utiliser mes mains de façon plus tangible », témoigne un élève en phase de formation. « Ce sont des orientations de choix de vie. Sur les productions végétales, les personnes sont très diplômées et s’installent très vite », fait observer Marie-Annick Nicolas, assistante de formation continue. « Pour les métiers de l’élevage, c’est plus difficile », conçoit-elle.

De son côté, Gilles Burel, de l’Anefa, pose les chiffres. « L’année dernière, les offres d’emploi ont progressé de 28 %, avec en parallèle un nombre de postulants qui a diminué de 20 %… On ne cherche pas que des futurs agriculteurs, mais des salariés. En élevage, il faut 4 mois pour trouver un salarié ». Le coordinateur de la structure explique que « la mobilité des demandeurs d’emploi se réduit, elle est en moyenne de 15 km ». Le responsable en appelle au développement de solutions de transport collectif, comme sur la commune de Guipavas où il manque une ligne de bus qui amènerait « à un site de plusieurs serres qui emploient 200 salariés permanents ou en contrats longs ».

Émilie Kuchel espère « recréer des liens entre le milieu urbain et le tissu rural. Beaucoup de métiers sont sous tension, il faut former et informer ». Le Conseil régional a fixé un objectif de 1 000 installations par an. À ce jour, 750 installations (aidées ou non) sont recensées par an en Bretagne.

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