Jouer au milieu des ânes

11101.hr - Illustration Jouer au milieu des ânes
Sylvie et Jacky Labourde avec 4 de leurs 13 ânes.
Nichée à Saint-Fiacre (22), l’asinerie et ferme pédagogique « Les Ânes de Min Guen » ressemble à un petit havre de paix. Ici, les visiteurs viennent pour se ressourcer et se reconnecter à la nature. Sylvie et Jacky Labourde les accueillent au milieu de leurs ânes et autres animaux, et leur proposent de nombreuses activités. La dernière en date est un escape game au milieu des paddocks.

Depuis 2013, Sylvie et Jacky Labourde sont installés sur leur ferme à Saint-Fiacre (22). Située sur 6 ha de prairies, « Les Ânes de Min Guen » accueille enfants, familles ou adultes en quête d’évasion dans un cadre verdoyant et apaisant. « Ici, on prône la zen attitude », sourit Sylvie Labourde. Leurs nombreux animaux semblent du même avis. Ânes, chèvres, poules, moutons ou encore cochons d’Inde sont calmes, placides et en quête de caresses. L’asinerie propose des activités éducatives, pédagogiques, récréatives mais également des accompagnements thérapeutiques. En effet, la ferme abrite un centre d’accueil en zoothérapie pour des personnes atteintes d’un handicap ou de troubles du comportement.

11102.hr Top chrono ! Stephenn et Pamela ont 45 minutes pour réussir le jeu.

Sensibiliser au métier d’agriculteur

La dernière activité imaginée par la ferme est un escape game en extérieur, inauguré pendant la semaine de l’agriculture en mai 2021. « Nous voulions proposer quelque chose aux familles venues passer quelques jours dans nos gîtes », explique Jacky Labourde. « Cela permet également d’attirer un public différent, comme des adolescents. Enfin, le déroulement du jeu en extérieur était tout indiqué en cette période de crise sanitaire ». L’escape game a été créé en partenariat avec l’écocentre du Trégor, situé près de Lannion, et le réseau Bienvenue à la Ferme dont l’asinerie fait partie depuis 2013. « Nous avons participé à des groupes de travail avec 4 autres fermes, épaulés par une animatrice agrotourisme de la Chambre d’agriculture de Bretagne  ». Le thème de l’escape game a été choisi collectivement, en adéquation avec les enjeux actuels rencontrés par l’agriculture : réchauffement climatique, productivité, souveraineté alimentaire ou encore protection de l’environnement. « L’objectif est aussi de sensibiliser nos visiteurs au métier d’agriculteur », précisent Sylvie et Jacky Labourde. Le couple a ajouté sa patte au jeu en faisant déambuler les participants au milieu des paddocks où ils rencontrent, entre deux énigmes, les animaux de la ferme. L’activité se termine par la visite de l’exploitation, l’occasion pour les joueurs d’échanger avec les deux Costarmoricains.

11103.hr Les ânes viennent à la rencontre des joueurs pendant la partie.

Trouver la Graine du futur

« Vous avez 45 minutes pour reconstituer la formule de la Graine du futur ! ». Jacky Labourde prend son rôle de maître du jeu au sérieux. Équipé d’un talkie-walkie, il communique avec les joueurs et intervient en cas de difficulté. Sur le parcours, cinq stations attendent les participants. Sur chacune d’entre elles, ils doivent résoudre une énigme afin d’ouvrir un coffre dans lequel se trouve un fragment de la formule de la fameuse graine. Les différentes épreuves se veulent pédagogiques. En effet, de nombreux thèmes sont abordés et permettent d’apprendre pour certains et de réviser pour d’autres : principe de la photosynthèse, définition de la phytodégradation, rôle des légumineuses dans la rotation ou encore calcul du rendement d’une culture. Pour 2022, le parcours pourra être légèrement modifié. « Nous avons eu l’idée de confier un âne à chaque joueur en début de partie », s’enthousiasme Sylvie Labourde. « Cela permettra à nos visiteurs de découvrir ces animaux d’une nouvelle manière ». Stephenn Louvel, stagiaire à la ferme pédagogique, a tenté l’expérience lors de son dernier jour de stage. Le lycéen de 15 ans a parcouru l’escape game accompagné de Pamela, une ânesse de 20 ans. « J’en retiens que le métier d’agriculteur est complexe et lié à de nombreux enjeux », conclut le jeune homme.

La médiation animale

Sylvie Labourde a travaillé pendant 25 ans dans le domaine médico-social. « Aujourd’hui, mon activité permet de valoriser mon expérience tout en travaillant avec l’âne, animal auquel je suis attachée depuis mon enfance  ». Pour pouvoir ouvrir un centre d’accueil en zoothérapie, la Costarmoricaine s’est formée auprès de l’Unap (Union nationale des âniers pluriactifs), de l’Institut Français de Zoothérapie et de l’institut de formation Agatéa.« La médiation animale permet par exemple d’apaiser des enfants présentant des troubles de l’attention, avec ou sans hyperactivité. Le fait de caresser l’animal leur permettra de mettre des mots sur leurs émotions et leur procurera des moments de sérénité et bien-être. Lancer une balle à un chien peut également participer à de la rééducation, sans que la personne n’aie l’impression d’effectuer des exercices ». Ce genre de thérapie s’adresse à un public très large. Elle peut en effet profiter à des enfants introvertis tout comme à des personnes âgées ou des individus atteints de difficultés motrices.

Fermer l'écran superposé de recherche

Rechercher un article