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Les producteurs bio interpellent les élus du Morbihan

Le Gab déplore le manque de soutien du Conseil départemental. Ses responsables rencontrent les nouveaux élus et leur demandent d’insuffler une dynamique en faveur de la bio.

« Nous avons moins de soutien direct que nos collègues des autres départements bretons », déplorent les responsables du Groupement des agriculteurs biologiques. L’organisme perçoit deux à trois fois moins de subventions que ses homologues du Finistère et d’Ille-et-Vilaine. « Le poids de la subvention départementale dans la part du budget est en forte baisse : 9 % en 2021 contre 26 % en 2007 ». Au-delà du soutien financier à la structure, en baisse surtout depuis 2016, le groupement souhaite que le Département affiche une volonté politique de développer l’agriculture biologique. « C’est important car la dynamique peut être relayée par toutes les EPCI (établissement public de coopération intercommunale, en charge de l’aménagement de l’espace, des actions de développement économique, de la gestion des milieux aquatiques…)  ».

Ehpad et collèges

Une vingtaine d’actions possibles ont été présentées aux élus. Parmi les plus déterminantes, le développement d’une restauration bio et locale dans les Ehpad et dans les écoles. « Nous avons un objectif ambitieux et réaliste avec 100 % de produits bio et français en 2027 dans les collèges ». Les responsables citent l’exemple du Finistère, qui, dans son Plan alimentaire territorial, a créé une cellule pour faciliter l’essor de la bio dans 52 collèges publics. L’ambition est d’atteindre, au plus vite, les objectifs de la loi Égalim (20 % de bio dès 2022), voire de les dépasser. Cette cellule travaille également avec les intercommunalités. De la même manière Rennes métropole lance un programme en faveur de l’agriculture biologique.

Portage de foncier

Le Gab demande aux élus de s’impliquer dans la gestion de la surface agricole en utilisant le système de portage du foncier qui permettrait de sanctuariser les terres en bio. « Dans ce cadre, la Safer peut acheter des terres* ; nous, nous avons des porteurs de projet intéressés pour des reprises ». Les agriculteurs biologiques considèrent que leur modèle est la solution pour résoudre les problèmes de qualité des eaux. « Beaucoup de molécules de pesticides sont présentes dans l’eau potable ; des politiques s’interrogent pour savoir s’il est possible de les filtrer… C’est prendre le problème à l’envers, cessons d’en épandre ! ». Ils demandent le conditionnement des aides (investissements, aides directes) à des critères de transition et de création d’emplois sur les fermes. Le Gab espère travailler plus efficacement avec le Conseil départemental lors de cette mandature.

Ils ont répondu à un appel à projet en 2013
Élodie Fargeas et Mathieu Tanguy cultivent 2,5 hectares à Caudan, dont 1 800 m2 sous tunnels. Ils se sont installés en 2013, après une expérience professionnelle en Nouvelle-Calédonie. Actuellement, ils produisent une quarantaine de légumes avec un saisonnier embauché 7 mois dans l’année. Ils louent le terrain à la ville de Lorient qui en faisait une ferme pédagogique avant de lancer un appel à projet en maraîchage. Les deux ingénieurs agronomes vendent deux jours par semaine à la ferme, sur trois créneaux horaires. Ils y organisent un petit marché de producteurs pour élargir la gamme de produits bio proposés (pain, fromages, volailles…). Ils écoulent une partie de leur production à la cantine scolaire de Caudan et dans une Biocoop.

* La Safer achète le foncier à la place de l’agriculteur et signe avec lui une convention d’occupation précaire, pour cinq à dix ans. À la fin du contrat, l’exploitant achète les terrains, déduction faite des montants de location déjà versés.

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