Energies et environnement

L’agroforesterie : l’agriculture de demain…

Réduction des gaz à effet de serre, réduction des pesticides, préservation de l’environnement… Et si l’agroforesterie était ‘la’ solution à ces nouvelles préoccupations et enjeux d’aujourd’hui et de demain ? Explication.

Née au Canada dans les années 1970, l’agroforesterie arrive vingt ans après en France, et plus précisément à Montpellier. Cette nouvelle agriculture, alors méconnue de tous, permet de diversifier et de maintenir une production agricole constante. Pour ce faire, il faut associer des arbres, des cultures et/ou des animaux dans un même espace. Ces associations ne sont pas du ressort de la nature et ont été instaurées par la volonté de l’Homme. Et Abracadabra ! Vous ne rêvez pas. Formule magique ou nouveau remède ? Sous-catégorie
de l’agroforesterie, focus sur le sylvopastoralisme.

Sylvopastoralisme : nouveau remède

Pour une agriculture durable, le sylvopastoralisme est le bon chemin à suivre. Ce mot un peu farfelu existe bel et bien. Et son utilité est bien réelle. Mot atypique. Il décrit l’association d’arbres à des productions animales en pâturage. Exemple. L’implantation de fermes laitières bovines en agriculture biologique constitue de nombreux problèmes. Dégradation des herbages, manque de fertilisation et d’entretien sont les causes d’une diminution de la productivité des prairies et de leur digestibilité par les animaux. Vue comme une alternative aux pâtures ouvertes, l’agriculture sylvopastorale concilie protection de l’environnement et production laitière.

Quelques définitions pour mieux comprendre…

La compétition concerne le partage d’une ou plusieurs ressources et la facilitation concerne son augmentation. Imaginez maintenant que votre mère cuisine un bon steak. Elle met à disposition et vous facilite l’accès à une ressource : le steak. Vous rentrez alors en compétition avec votre père pour vous nourrir.

Applications

Nos amis à quatre pattes jouent un rôle de facilitation envers les végétaux en accélérant la minéralisation de la matière organique. Combiné à l’ombrage, ce processus permet d’augmenter la fertilité des sols, profitant à son tour au bétail. Les fourrages présentent un taux en matières azotées totales plus important, améliorant ainsi la ration protéique. Par leur action de prédation des espèces végétales, les bovins participent au maintien de la biodiversité.
Les causes de la variation des effets des arbres sur la productivité de la prairie sont deux compétitions. Une compétition forte pour la lumière en zone de hautes latitudes et pour l’eau sous les faibles latitudes. Par l’apport d’ombrage, les arbres protègent les animaux des risques liés aux changements de températures, particulièrement dommageables pour la production laitière. Selon leur hauteur, les arbres peuvent aussi permettre une augmentation des ressources alimentaires pour les bovins.

La hausse de biodiversité sur les parcelles sylvopastorales est due à la création de multiples habitats par la présence d’arbres. Mais attention. Les systèmes sylvopastoraux ne protègent pas des risques de la perte d’espèces végétales associés au sur ou sous pâturage. Il faut raisonner espèces végétales, durée de pâturage et changement de parcelle pour concilier vitesse de régénération des fourrages et pression de pâturage. En conclusion. Dans un système bien géré, l’action des animaux participe donc au maintien de la diversité végétale.
Compte tenu des bienfaits de l’agroforesterie, il serait pertinent d’intégrer cette technique dans les cultures.
Bien évidemment tout ceci prendra du temps. En attendant que l’heure vienne, adoptez les bons gestes : faites attention à la nature et à notre petite planète !

Capucine Jacquemaire  / Célia Nencioni / Éva Rampon

Concours d’écriture : catégorie ‘Ingénieur’
Le concours d’écriture Eureden, en partenariat avec le journal Paysan Breton, est aussi ouvert aux ingénieurs avec une catégorie qui leur est dédiée pour la deuxième année consécutive. Le thème du concours 2021 était : « L’agriculture et la biodiversité ». Sept textes ont été rédigés par des étudiants de 3e année du programme Ingénieur de l’ESA d’Angers dans le cadre du module de « communication scientifique ». Voici l’article qui a obtenu le 3e prix dans cette catégorie. Félicitations à Capucine Jacquemaire, Célia Nencioni et Éva Rampon, les rédactrices !

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Éva Rampon, Célia Nencioni et Capucine Jacquemaire

Présentation de l’ESA

L’ESA (Ecole supérieure d’agricultures), fondée en 1898, constitue l’un des premiers groupes d’enseignement supérieur agricole français. Il accueille chaque année plus de 2 500 étudiants. Véritable campus agricole, l’ESA propose des formations de tous niveaux : Bac pro, BPREA, BTS, Licence pro, Bachelor, Master et Ingénieur, selon des modalités variées (initiale, continue, à distance, par apprentissage…), au service de l’agriculture, la viticulture-œnologie, l’élevage, l’horticulture, le maraîchage et l’environnement, l’aménagement paysager, l’agroalimentaire. La pédagogie associe depuis l’origine l’expérience de terrain, l’acquisition des fondamentaux scientifiques et techniques et l’acquisition de compétences transversales parmi lesquelles l’expression et la communication.

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