Energies et environnement

Demain, moins de méthane grâce aux algues ?

La piste d’additifs à base d’algues dans la ration des bovins est étudiée par différentes équipes dans le monde. Cette technique offrirait un potentiel de réduction du méthane très élevé.

« 10 % des émissions des gaz à effet de serre (Ges) en France proviennent de l’élevage bovin dont la moitié résulte du méthane émis », a chiffré Raphaël Boré, de l’Idele, lors d’un webinaire Grand angle lait. « Les émissions de méthane sont liées aux archées méthanogènes. Ces microorganismes transforment en méthane une partie de l’hydrogène produit durant les fermentations dans le rumen. » Pour réduire ces émissions, la piste des additifs à base d’algues est étudiée. « Les algues (rouge et marron données à hauteur de 1 à 3 % de MS ingérée) contiennent du bromoforme et des composés halogénés qui réduisent l’activité des archées méthanogènes. »
« Le potentiel de réduction des émissions de méthane est très élevé avec les algues, supérieur à 40 %. Mais ces
additifs font encore l’objet de recherches et correspondent plutôt à des rations à l’auge. Les études sorties pour le moment ne montrent pas de résidus dans les produits, pas d’effet direct sur la santé animale et humaine. Mais il faut faire attention car le bromoforme éructé par les animaux pourrait avoir un effet toxique sur la couche d’ozone. »

Une étude menée dans l’Ouest

Entre 2021 et 2023, l’Idele pilote un projet en Bretagne et Pays de la Loire (Meth’Algues) avec des partenaires tels que le Ceva ou l’Inrae. Les différentes ressources d’algues marines présentes sur les côtes vont être évaluées. Et des tests in vitro, in vivo, puis en ferme expérimentale vont être menés. « Les algues sont une piste très intéressante qui bouscule les dogmes… On peut réduire les émissions sans qu’il y ait d’effet négatif sur le fonctionnement du rumen », souligne Cécile Martin de l’Inrae. « Mais beaucoup de questions se posent
encore… »

Autres voies alimentaires
Un autre additif disposant d’un fort potentiel, le Bovaer qui est un inhibiteur d’enzyme, va être commercialisé en Europe. « Mais quel sera son coût, son acceptabilité et la production indirecte de GES ? », indique R. Boré. On sait par ailleurs que l’amidon joue un rôle : « Un essai a montré une différence de 13 % des émissions de méthane par kg de lait corrigé en faveur d’une ration à 67 % d’ensilage de maïs par rapport à une ration à 63 % d’ensilage de RGI. Toutefois, il ne faut pas dépasser 25 % MS en amidon pour la santé animale. » Au pâturage, l’introduction d’espèces riches en tanins (chicorée, sainfoin…) peut aussi réduire les émissions.
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