Energies et environnementFinistère

Les bonnes pratiques financent le remplacement

Morlaix communauté gère le dispositif « boucle vertueuse » sur le bassin versant du Douron. Les agriculteurs, qui s’engagent à mettre en place des pratiques visant à préserver la qualité de l’eau, cumulent des points qui servent ensuite à bénéficier de prestations d’ETA, de Cuma ou encore à se faire remplacer lors des vacances.

En 2012, lors du premier plan de lutte contre la prolifération des algues vertes, un dispositif expérimental nommé « boucle vertueuse » a été mis en place sur le bassin versant du Douron. Sur la base du volontariat, il a été proposé aux 130 exploitations, faisant partie du bassin versant, de mettre en place des pratiques visant à améliorer la qualité de l’eau. « Cela concerne par exemple : du désherbage mécanique, du semis de RGI dans le maïs lors du binage, du sursemis de prairie, de l’épandage de lisier avec enfouisseur, de la fauche de zone humide avec du matériel spécifique, de l’entretien mécanique sous clôture, de l’épandage d’engrais de précision sur céréales, du semis de couvert précoce après moisson », décrit Paul Salaün, référent agricole pour Morlaix communauté.

Des prestations ETA ou Cuma payées en points

80 agriculteurs sont aujourd’hui engagés dans ce dispositif de « boucle vertueuse ». Lors de l’engagement le référent agricole de Morlaix communauté fait un état des lieux des pratiques pour évaluer la balance globale azotée de l’exploitation avant de définir des objectifs à atteindre avec l’éleveur. « L’application de bonnes pratiques sur l’exploitation rapporte des points qui sont calculés chaque année lors de l’audit effectué par Paul Salaün. La présence aux différentes réunions en lien avec le bassin versant rapporte aussi des points. Ces points donnent le droit aux agriculteurs à des prestations d’ETA ou de Cuma ou encore à des journées de remplacement », explique Margaux Fournis, responsable du secteur de Morlaix pour Finistère remplacement.

1 point équivaut à 75 €

Dorian Bouruel et Sophie Bellec, éleveurs en production laitière sur la commune de Plouégat-Guérand (29) se sont engagés dans cette démarche en 2017. « Nous étions déjà dans une démarche d’autonomie alimentaire et d’augmentation de la part d’herbe dans notre assolement. En 2017, nous avions encore 12 ha de maïs, nous avons donc opté pour du désherbage mécanique et du semis de RGI lors du binage. Nous avons réalisé du semis précoce de couverts végétaux après moisson et de l’épandage d’engrais de précision. C’est vraiment vertueux, plus on met en place de pratiques visant à améliorer la qualité de l’eau plus on a de points. Ces points nous permettent ensuite de financer de nouvelles prestations avec des ETA et des Cuma équipées de matériels spécifiques », souligne Dorian Bouruel.

Un point équivaut à 75 €, une prestation d’épandage effectuée par ETA est facturée 65 €/ha ce qui ne représente même pas 1 point. Depuis le mois de novembre 2019, Dorian Bouruel et Sophie Bellec sont passés en bio et ils ne cultivent plus de maïs. Par conséquent certaines prestations proposées ne les concernent plus. « Maintenant, nous utilisons une partie des points pour nous faire remplacer sur l’exploitation et partir en vacances. Avec 2 points nous avons accès à 1 journée de remplacement avec Finistère remplacement. Par exemple, sur 2020 nous avons 64 points à utiliser », indique Sophie Bellec. Pour la 3e année, les agriculteurs vont partir en vacances au ski en février et le remplacement sur l’élevage sera payé avec les points acquis. « Nous sommes aussi partis une semaine en vacances au mois d’octobre, ce que nous n’aurions jamais fait sans le dispositif. Ce n’est pas possible pour nous de partir 2 fois en vacances dans l’année car il faut payer les vacances mais aussi le service de remplacement en même temps », insistent les éleveurs.

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