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L’étourneau fait tourner les têtes

Ils reviennent tous les ans se nourrir des cultures et des réserves de fourrage. Les étourneaux agacent en souillant les bâtiments. Si les prélèvements s’avèrent inutiles, l’utilisation d’effaroucheurs pyro-optiques donne de bons résultats.

Les derniers comptages d’étourneaux en Bretagne datent de 2010 et estiment la population à 1 million d’individus, recensés dans les dortoirs d’importance régionale. Le plus important de ces gîtes se situe « dans la région de Locarn, Duault et Saint-Nicodème (22), qui rassemble 600 000 à 800 000 oiseaux », observe Maël Peden, technicien au FDGDon du Finistère.

À ces sites s’ajoutent les régions de Botmeur et Saint-Rivoal (29) avec une centaine de milliers d’étourneaux, la zone côtière de Plozévet à Pouldreuzic (29) en abrite 70 à 80 000. Ce territoire exposé aux tempêtes oblige les oiseaux à trouver d’autres habitats, en rentrant davantage dans les terres vers Bannalec (29) pour s’abriter « dans du miscanthus, qui offre l’avantage d’être dense et de se situer à proximité de zones d’alimentation ».
Pour résumer, le volatile est présent en Bretagne dans de grandes poches rurales, mais aussi dans le centre des villes, comme à Brest ou Rennes.

D’instinct grégaire, « ses déplacements sont exclusivement liés à la disponibilité alimentaire. Ils connaissent leur secteur », précise le technicien. D’abord insectivores, les étourneaux se sont adaptés à la disponibilité offerte par les fermes bretonnes, et consomment alors grains de maïs comme jeunes graines de céréales fraîchement semées.

Le matin, le dortoir éclate

Le ballet des oiseaux commence le matin quand « les dortoirs éclatent, ces groupes s’éloignent à une distance de 30 km de leur point de départ ». La superficie couverte par les oiseaux s’illustre alors par un cercle de 60 km de diamètre autour du dortoir.

Parallèlement cette année, les populations sembleraient moins importantes que les campagnes précédentes. « C’est une année moyenne, nous nous partageons les populations avec la Normandie. L’an passé, cette région a été fortement impactée ». Les étourneaux migrent des régions scandinaves et descendent vers des régions plus méridionales pour retrouver un peu plus de douceur. En cas de froid prolongé, ils se déplaceront pour retrouver des conditions plus chaudes. « Avant l’arrivée du maïs en Bretagne, les étourneaux avaient pour habitude de descendre jusqu’en Espagne. Depuis, ils trouvent leur nourriture ici avec les ensilages des fermes ».

Vider la mer au seau

Face à la présence de ces oiseaux dans les bâtiments agricoles, « il est illusoire de croire que les tirs de capture donneront des résultats ». Les étourneaux sont classés Esod (Espèce susceptible d’occasionner des dégâts). Les tirs n’auront qu’un effet dissuasif pour celui qui souhaiterait s’installer. Chercher à limiter le problème en tuant les oiseaux reviendrait à « essayer de vider la mer avec un seau… », compare Maël Peden.

Yvon Mercier, agriculteur installé à Guiclan (29), côtoie les étourneaux depuis toujours. Situé en fond de vallée et à proximité d’une peupleraie, le site de production abrité par rapport aux plateaux environnants est béni par les oiseaux qui trouvent gîte et couvert. Le Finistérien, producteur de lait, de porcs et de légumes a pris le problème à bras-le-corps suite à des dégâts répétés sur ses cultures de céréales, notamment dans une parcelle traversée par une ligne électrique et sur laquelle les oiseaux sont en sécurité pour observer le champ. « Tous les ans, ils attaquent les cultures. Une année, 5 ha ont été complètement détruits », se souvient-il. L’installation d’un effaroucheur pyro-optique couplé à un autre appareil sonore offre de bons résultats, les attaques sur les blés ont cessé.

Un des bâtiments semi-ouvert des vaches laitières donne toujours accès à un stock abondant de nourriture, mais l’éleveur a vu les dégâts diminuer au fil du temps, « sans doute avec une ration qui s’est diversifiée, avec de l’ensilage d’herbe, des pommes de terre en plus du maïs. Les grains sont moins visibles. Avant avec des rations composées uniquement de maïs, les auges étaient pillées et souillées. La production laitière baissait ». Yvon Mercier pense que la lutte contre ces oiseaux doit être collective ; ses voisins se sont aussi équipés d’effaroucheurs.

Pas d’accoutumance avec les lasers

Les étourneaux s’habituent aux effaroucheurs sonores. Le temps de protection d’octobre à mars est très long, contrairement aux cultures ou la sensibilité n’est que de 3 à 4 semaines. Il faut multiplier les solutions pour un effarouchement dynamique, comme une solution laser que nous développons, sans accoutumance, car les oiseaux ne gardent pas en mémoire le trajet du parcours lumineux. Les effaroucheurs sonores sont adaptés à différentes espèces d’oiseaux comme les étourneaux ou les choucas des tours, nous proposerons dès le printemps prochain une solution contre les sangliers.Mélina Gourvennec En charge du développement commercial chez Agriprotech

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