Energies et environnementFinistère

Une haie aux multiples fonctionnalités

Afin de limiter l’érosion des sols et les fuites de matières, les syndicats des eaux et la Chambre d’agriculture proposent des solutions concrètes ou des diagnostics de parcelle.

La haie bocagère de 250 m créée chez Thomas Gourvil joue un rôle de tampon pour limiter l’érosion des sols et les fuites d’azote dans un petit ruisseau situé en contrebas des pâtures. Financée entièrement par le Syndicat Mixte du Trégor (intégré à Morlaix Communauté), l’implantation de ce talus arboré offre de nombreux bénéfices à l’agriculteur et à ses animaux. « J’ai pu choisir les essences d’arbres plantées sur le talus : ce sont des chênes, des charmes et des châtaigniers qui protégeront le troupeau des rafales de vent. La haie permettra par la suite de créer des zones d’ombre pour les vaches dans les pâtures », fait observer l’éleveur à la tête d’un troupeau de 50 laitières sur la commune de Garlan. Dès la plantation, l’infestation par des adventices sur le talus a été gérée, avec un semis de ray-grass d’Italie pour couvrir la terre. « L’entretien est réalisé pendant 3 ans par le syndicat, les jeunes arbres seront taillés cette année ». De son côté, l’éleveur s’est engagé à garder ces haies pendant une période minimale de 10 ans.
Limiter l’érosion
En parallèle de ces aides du syndicat des eaux et dans la même optique de préserver les sols de l’érosion, la Chambre d’agriculture propose une démarche volontaire aux agriculteurs qui consiste à réaliser un diagnostic de ses parcelles. Ce DPR2 (diagnostic des parcelles à risque de transfert 2e version) observe chaque parcelle de l’exploitation pour déceler les situations à risque. « 70 % des pollutions sont le fait de ruissellement. Les 30 % restant sont le fruit du drainage, ou de la proximité de nappe », fait observer Vincent Salou, conseiller à la Chambre d’agriculture.
Une bande enherbée
de 10 % de la longueur de la pente
Des conseils non obligatoires sont prescrits après ce diagnostic, comme la création de talus, de ceinture de bas-fond, de bande enherbée ou de fossés aveugles qui gardent l’eau sans l’amener à un cours d’eau. En culture légumière, l’utilisation d’efface-trace donne aussi de très bons résultats. « Le passage d’une dent derrière la roue recrée de la porosité et efface les canaux formés par ces roues ». Pour diminuer le ruissellement de 70 %, la bande enherbée doit être d’une largeur égale à « 10 % de la longueur de la pente », chiffre Vincent Salou. Ainsi et pour une parcelle de 100 m de pente, la bande protectrice doit atteindre 10 m de large pour être efficace.
Ces DPR2 sont réalisables sur toutes les exploitations bretonnes. Les syndicats de bassin versant peuvent conseiller sur leur mise en œuvre.

4 principes à retenir
Pour limiter l’érosion des sols, la fuite d’éléments nutritifs ou de protection des cultures, 4 grands principes sont à retenir :

  • 1 – Protéger la surface du sol de l’impact des gouttes de pluies, par des sols coverts ;
  • 2 – Ralentir l’écoulement de l’eau de surface du sol, en créant des talus par exemple ;
  • 3 – Améliorer l’infiltrabilité;
  • 4 – Améliorer la stabilité structurale du sol.
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