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Plus de résilience face au changement climatique

Groupage des vêlages en automne, adaptation des espèces prairiales, recherche d’autonomie… Plusieurs pistes sont explorées par David Guillou pour permettre à son système de mieux encaisser les aléas.

Travaillant également à l’extérieur, David Guillou à Riec-sur-Bélon (29) conduit une exploitation de 40 mères limousines en système naisseur, depuis 2014. La SAU de 40 ha compte une SFP de 30 ha dont 3 ha de méteil ensilé et 6 ha de maïs ensilage. Pour rendre son système plus autonome et mieux adapté au changement climatique, le producteur met en place plusieurs leviers.

« Alors que les vêlages étaient plutôt en hiver, je les avance à l’automne pour proposer les broutards à la vente avant la pénurie estivale d’herbe. Ils sont vendus au-delà de 300 kg âgés de 7 – 8 mois », a précisé l’éleveur lors de la journée technique organisée sur son exploitation par l’association Limousine Finistère, le 1er juillet.

Pâturage plus précoce

Avec des terres groupées autour du bâtiment, il souhaite faire pâturer ses animaux le plus possible, dès janvier quand les conditions le permettent. « Le troupeau revient en général en bâtiment mi-novembre. » La conduite se fait en deux lots de vaches avec veaux, mâles et femelles séparés. Les paddocks mesurent entre 0,5 et 1 ha pour environ 3 jours quand l’herbe pousse vite et avec un retour tous les 21 jours environ entre deux passages. En été, le troupeau peut être affouragé au champ. « Les génisses de 1 an ont un bloc de parcelles spécifiques pour toute la saison. »

Dactyle, luzerne, fétuque…

En sortie d’hiver, toutes les prairies reçoivent 40 unités d’ammonitrate (plus du fumier et de la potasse sur les prairies de fauche). Côté espèces, les prairies temporaires, retournées tous les 5 – 6 ans, sont basées sur un mélange de RGA – trèfle blanc. « J’ai fait un essai de mélange RGA – trèfle – dactyle et vais regarder la productivité. Je vais aussi tester des prairies avec de la luzerne, du RGA et de la fétuque. Un colza fourrager a été implanté en mai pour les vaches de réforme », détaille David Guillou. Il cultive aussi 10 ha de dérobées après céréales (RGI – trèfle incarnat) qui sont fauchées. « Je fais des analyses sur les fourrages pour affiner les rations. »

Durant la période de pâturage, les vaches réformées sont engraissées à l’herbe pendant 1,5 mois environ avant la finition en bâtiment (au mash). Depuis trois ans, la majorité des vaches sont commercialisées à un boucher de la commune de Riec-sur-Bélon (18 femelles par an pesant autour de 500 kg de carcasse, classées R+ / U).
Le prix de vente actuel est de 5,40 €/kg. Quelques veaux de 3 mois et vaches sont parfois commercialisés en vente directe. « Je commence aussi à vendre 2 à 3 reproducteurs par an. »

108 % de productivité globale
Pour renforcer encore l’autonomie, l’éleveur va arrêter de complémenter les veaux. Il achète chaque année 5 tonnes de correcteur, 7 t de mash, 600 kg de minéral et 15 ha de paille. Ce troupeau performant (108 % de productivité globale, 341 kg de viande vive par UGB en 2020) est accompagné par les techniciens d’Eilyps et du herd-book limousin.

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