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Concilier élevage et société

L’association LIT Ouesterel a pour objectif de faire de l’Ouest de la France un territoire de référence en matière de bien-être et de santé des animaux d’élevage.

Le Laboratoire d’innovation territorial « Ouest territoire d’élevage » (LIT Ouesterel) aboutit aujourd’hui, après 2 années de construction. Cette association fondée par l’Inra, Triskalia et Terrena compte une quarantaine de partenaires impliqués dans un objectif commun : réconcilier élevage et société. Les axes de travail sont bâtis sur « un référentiel du bien-être animal et de la santé, schématisé en escalier : plus on monte, plus on répond à ce bien-être. Cet escalier nous sert à pointer du doigt les demandes d’innovation, mais aussi à signaler les efforts faits par les producteurs auprès des territoires et des consommateurs », explique Hervé Guyomarc’h, directeur de recherche à l’Inra et président du LIT. Ce référentiel en cours de finalisation sera utilisé pour des actions de promotion et de valorisation des produits issus des élevages et des filières qui l’utiliseront.

La bonne feuille de route

Le projet va travailler sur le bien-être animal, sur les conditions de travail dans les élevages, sur la diminution de l’utilisation d’antibiotique ou encore sur le transport et l’abattage. Les productions ciblées par LIT Ouesterel sont les poulets de chair, les porcs et les vaches laitières.
Georges Galardon, président de Triskalia, rappelle « qu’il est primordial d’avoir une feuille de route pour ne pas aller vers des schémas qui seront par la suite remis en cause. Chaque jour, les éleveurs travaillent à ces bonnes conditions ». Trois territoires pilotes ont été sélectionnés pour le projet : le Pays d’Argentan d’Auge et d’Ouche (61) en Normandie, le Pays d’Ancenis (44), ainsi que la région de Rostrenen (22) avec la CCKB.

Des ONG comme partenaires

LIT Ouesterel se veut ouvert à plusieurs visions de l’élevage. Les organisations non gouvernementales comme Welfarm, CIWF France ou OABA sont impliquées dans la démarche. Jean-Pierre Kieffer, président de OABA, estime que pour l’abattage des animaux « les choses ont fortement évolué sur le volet sanitaire, pas assez sur le volet bien-être, même si il vaut mieux parler de bien-mourir que de bien-être ». Le président milite pour des abattoirs de proximité dirigés par des éleveurs qui vont dans l’intérêt des animaux en réduisant les temps de transport. Ces sites d’abattage proches du lieu d’élevage sont aussi un avantage « pour les éleveurs qui ont apporté tous les soins à leurs animaux et qui voient partir leurs vaches dans des camions, sans savoir par la suite ce qui va se passer ». OABA milite contre les abattages sans étourdissement. L’association a obtenu en 1964 le premier texte imposant l’insensibilisation des animaux avant leur mise à mort.

Gestantes et bien-être
Florence Delalande illustre ces éleveurs déjà en quête de bien-être et de réconciliation avec la société. Sur son site de production comprenant 250 truies à Trédias (22), le bâtiment neuf est l’aboutissement d’une réflexion sur le bien-être. « Suite à une visite en Finistère, nous avons opté pour un bâtiment gestante sur paille ». Après la mise en route de la Faf, la marque « Le porc des blés noirs » est créée en collaboration avec deux autres élevages, afin de « valoriser la production du territoire », fait observer Florence Delalande expliquent que «  l’innovation doit se faire collectivement, pas chacun chez soi. Il nous faut une vision du modèle agricole à 10 ans », insiste-t-elle.
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