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Agronomie : Une agriculture qui conserve les sols et le climat

L’agriculture de conservation des sols (ACS) fait partie des solutions citées dans le récent rapport du Giec * pour faire face aux changements climatiques. Seulement 2 % des fermes l’ont adoptée en France.

« L’agriculture de conservation des sols permet de réduire en moyenne de 40 % les gaz à effet de serre sur une exploitation. D’un côté, elle permet de diviser par deux la consommation de carburant. De l’autre, elle permet de stocker le carbone en augmentant la production de végétaux, les surfaces de prairies, les haies, l’agroforesterie. En moyenne, une tonne de carbone est stockée par ha et par an », chiffre François Mandin, agriculteur en Vendée et président national de l’Association pour la promotion d’une agriculture durable (Apad).

Érosion très limitée

L’ACS est basée sur trois piliers : absence de travail du sol, couverture permanente des sols et diversité des espèces cultivées. Ni bio, ni conventionnelle, cette « troisième voie » encore méconnue permet aussi de favoriser la biodiversité et de réduire l’érosion de 90 %, allant dans le sens de la préservation de la qualité de l’eau. « Les racines dans le sol agissent comme le ferraillage d’un béton », illustre Roland Hallégouet, producteur de pomme de terre sur Guipavas (29) et président de l’association Sols d’Armorique. « Cet environnement plus riche fournit des produits agricoles de meilleure qualité. » Selon les systèmes, les charges à la production sont réduites de 150 à 250 €/ha.
Éleveur laitier et porcin à La Dominelais (35) sur une SAU de 69 ha, Éric Tessier est engagé dans cette voie depuis plus de 15 ans. « Je suis aussi producteur de vers de terre et d’abeilles », sourit l’agriculteur. « Je maximise l’herbe pour mon troupeau laitier. Je cultive du maïs population, des céréales, de la féverole, du méteil… » Si les charges de carburant sont moins importantes en semis direct, l’éleveur a investi dans un semoir spécifique. Côté phytosanitaire, les fongicides ont été arrêtés depuis deux ans.

Soutien de la Région

« La Région soutient ce type d’exploitations dans le cadre de l’Agriculture écologiquement performante (AEP). Éric Tessier est l’un des huit membres du groupe AEP “Pour des sols vivants”, lauréat en 2016 », souligne Olivier Allain, vice-président de la Région Bretagne, lors d’une rencontre sur la ferme. Le groupe expérimente des techniques d’ACS afin d’en approfondir les connaissances et de pouvoir diffuser leurs acquis à l’ensemble de la profession. « Ce ne sont pas des techniques simples, mais elles sont prometteuses. On utilisait l’expression “de la fourche à la fourchette”. Maintenant, ce sera plus “du sol à l’assiette”. »

* Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat

Plus de reconnaissance via un label
Rassemblant une vingtaine d’agriculteurs en ACS, l’association Sols d’Armorique existe depuis 2,5 ans. Elle a rejoint récemment le réseau national Apad qui compte 1 000 fermes en ACS. « Nous prenons plus de risques avec ce type d’agriculture, mais elle nous permet de nous projeter dans un avenir positif. Nous considérons que les résultats obtenus sur nos fermes ont une valeur. C’est pourquoi nous travaillons sur un label qui sera dans les mains des agriculteurs. Nous souhaitons aussi obtenir un appui financier dans le cadre de la nouvelle Pac ou des paiements pour services environnementaux », déclare François Mandin.
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Un commentaire

  1. Il me semble que cette technique nécessite l’emploi du glyphosate. Vous n’en parlez pas. Je peut comprendre parce que ce n’est pas “politiquement” correct. (personnellement, je ne suis pas contre le glyphosate)

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