L’insémination en pleine évolution

 - Illustration L’insémination en pleine évolution
Yann Lecointre, directeur Évolution (debout) et Jean-Yves Dréau, directeur-adjoint, ont présenté l’activité de la coopérative à la veille de l’assemblée générale.
La coopérative Évolution élargit son champ d’action pour soutenir son activité.

En quelques années, la génétique bovine s’est retrouvée baignée dans un marché libéral. Un monde de gros faiseurs s’est installé sur ce créneau dans lequel la coopérative Évolution se classe au 7e rang mondial avec 6,2 millions de doses commercialisées (dont 50 % en Prim’Holstein). À titre de comparaison, le groupe américain Urus affiche 32 millions de doses par an. « Il y aura une concentration mondiale des schémas de sélection en Holstein. Et il n’y aura pas de place en France pour deux schémas par race», prédit Yann Lecointre, directeur d’Évolution, en réaffirmant bien la volonté de « la coopérative de rester un acteur majeur ». Dans ce contexte concurrentiel redoublé, demeurer créateur de génétique passe et passera par la multiplication des partenariats (voir ci-dessous).

Un accord avec les Américains

L’accord de partenariat signé le 10 mai dernier, entre Évolution et le poids lourd américain Urus, permettra à la coopérative française d’accéder « au meilleur des noyaux nord-américains pour son schéma de sélection Holstein », explique Jean-Yves Dréau, directeur adjoint. L’accord prévoit aussi « la production de taureaux français sur le territoire nord-américain, et vice versa, afin de prévenir les risques bio-sanitaires et sécuriser nos exports », explique-t-il, précisant que « Urus a émis le souhait de valoriser d’autres races et espèces par son réseau de distribution international ».

Nouvelles techniques d’insémination

Sur son métier de base qu’est l’insémination, la coopérative se montre attentive au développement de nouvelles techniques de mise en place (Eye Breed, Alphavision, etc.). « Pour l’instant, ces outils qui permettent de faciliter l’insémination par l’éleveur ne sont pas totalement aboutis. Mais leur arrivée sur le marché montre une évolution majeure », observe le directeur. Et de faire remarquer que la coopérative, jadis très réticente à l’insémination par l’éleveur, propose désormais de l’accompagner : aide à la réalisation des plans d’accouplement, remplacement de l’éleveur-inséminateur pendant ses congés, etc.

La baisse du nombre d’adhérents – moins 3 par jour – , concomitante de la diminution du nombre d’élevages et de bovins, conduit Yann Lecointre à parler de « marché de l’insémination durablement à la baisse ». D’où aussi cet investissement conjoint, avec BCEL Ouest et GDS Bretagne, dans le projet Innoval destiné à mettre « tout ensemble pour apporter le meilleur service aux éleveurs ». Avec ce souhait de séduire d’autres partenaires, dont les centres de gestion, pour permettre à l’outil d’embrasser l’aspect économique de l’élevage.

Investissement génétique : 8,79 €/ 1 000 L

La clé du succès d’Innoval est l’apport réel de valeur ajoutée à l’éleveur. Éleveur de plus en plus regardant sur le retour sur investissement des multiples prestations qui lui sont aujourd’hui proposées. Une exigence qui a conduit Evolution à calculer le coût de l’investissement génétique, évalué à 8,79 €/ 1 000 L (mise en place, génétique et suivi de gestation) ; un prix inférieur à celui pratiqué par 3 concurrents opérant sur la France dont la prestation oscille entre 9,84 €/ 1 000 L à 10,38 €/1 000 L selon les calculs d’Évolution. Ce comparatif qui est une première pour la coopérative a aussi pour vocation de justifier auprès des adhérents que les augmentations de tarif de 2018 (+ 2 €) et de 2019 (offre « infini »), sujet ô combien sensible dans les campagnes bretonnes, se justifiait pleinement pour le conseil d’administration qui a pour objectif de renouer avec des comptes équilibrés après plusieurs exercices déficitaires (résultat d’exploitation 2018 : – 6 M€).


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