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Le musée du cidre fait peau neuve

Depuis plus de 30 ans, la famille Prié accueille les visiteurs sur sa ferme qui se partage entre production laitière et vergers.

Producteurs de lait et de pommes, Janine et Jean-Yves ont créé leur Musée du cidre en 1987 en restaurant une partie du bâti de la ferme. « Une manière de prolonger leur activité d’accueil sur place pour la vente de cidre », confient leurs deux fils, Philippe et Dominique, qui ont repris le flambeau. Ce contact direct et régulier avec le grand public a d’ailleurs pesé dans la balance à l’heure de passer les vergers en agriculture biologique en 2010. « Cela répondait aussi à l’engouement de plus en plus grand pour le bio et c’était davantage en harmonie avec notre logique depuis longtemps. Nous avons un peu traîné à nous lancer croyant que c’était lourd en termes de contrôle et de paperasse… », poursuivent-ils.

La conversion de l’élevage est venue plus tard, en 2017. « Finalement, cela n’a réclamé aucun effort particulier : nous menions déjà nos Montbéliardes et Brunes dans un système où le pâturage est prioritaire. » Au Gaec, pommiers et laitières font bon ménage offrant des images bucoliques. « Comme nos pommiers sont exploités en haute-tige, les animaux n’ont aucun problème pour passer en dessous et brouter. » Pour en revenir au musée, les trois salles ont été rénovées en 2015 avec l’aide d’un graphiste.

La pomme dans tous ses états

« Le cœur de l’exposition a été documenté et monté dès 1986 par M. Vilbert qui dirigeait la bibliothèque de Dinan. Nous avons surtout revu toute la mise en scène des informations et objets relatifs à la pomme et sa valorisation », détaille Philippe. Au milieu de mobiliers anciens, des outils et des photographies d’archive racontent tout autant le quotidien des fermes et la vie du monde rural d’antan (scènes de moisson ou de défrichage, mariage…) que l’histoire de la production cidricole : densimètres anciens, ramasse-pommes manuel ou animé… Des panneaux balaient également l’univers de la pomme en détail : sa production bien sûr, mais aussi ses liens avec la santé ou sa place dans la peinture, la poésie, l’histoire, la publicité… « Une compilation non exhaustive. Nous ne sommes pas la Bible de la pomme, mais nous essayons de partager des savoirs », précisent avec modestie les deux éleveurs-récoltants.

« Un musée agrandi et rajeuni »

Surtout, cet hiver, le musée a été revu et augmenté. « Nous avons fait d’une pierre deux coups en construisant un bâtiment de 600 m2 : donner une nouvelle dimension à l’exposition et restructurer notre outil de travail en rapprochant la cidrerie qui se trouvait auparavant à 500 m de l’élevage et du musée. D’une part, nous optimisons pour gagner en qualité de travail et de produit, d’autre part nous jouons la carte de la transparence de A à Z. » En effet, désormais, les visiteurs, après avoir traversé les salles d’exposition et profité d’une vidéo de 20 minutes présentant les gestes d’antan du cerclier et du tonnelier ou la fabrication du cidre il y a 50 ans, accèdent à la nouvelle partie professionnelle.

D’un côté, une grande surface vitrée offre une vue imprenable sur un verger où, entre deux rangées de pommiers, on aperçoit l’église de Notre-Dame de Pleudihen. « L’apiculteur avec lequel nous travaillons a également placé une ruche observable directement à travers la vitre. Une animation ludique pour les enfants faisant écho aux panneaux sur la pollinisation de nos arbres. » De l’autre, des fenêtres donnent sur plusieurs espaces de travail : vues sur le pressoir, les cuves, la chaîne d’embouteillage, la cave à vinaigres… « Nous avions envie de tout montrer, jusqu’à parfois notre activité en direct. Ça rajeunit le musée ! » D’autant que les deux frères ont été « surpris » de constater qu’ils touchaient davantage de jeunes depuis le passage en bio.

La fabrication du vinaigre

Au total, une quinzaine de nouveaux panneaux vient d’être inaugurée. L’un aborde, par exemple, l’acétification accompagnant une barrique vitrée permettant de voir la flottation de la mère de vinaigre… « D’autres expliquent le travail du tonnelier, les fermentations, le chapeau brun, le rôle des abeilles… » La collection de matériels s’est également étoffée. Pièce maîtresse de ce musée rénové, un pressoir à longue étreinte de plus de 250 ans vient d’être remonté. « Notre père a toujours voulu en exposer un. Mais c’est un outil très rare qu’on ne trouvait que dans les domaines de familles aisées. Nous l’avons acheté puis démonté chez une duchesse en Normandie ! », explique Dominique. Juste à côté, autre pièce exceptionnelle, une maie en granit de 3 t faite d’un seul bloc vient d’arriver. De quoi pimenter la visite d’1 h 20 pour les 4 500 visiteurs qui poussent les portes du musée chaque année.

Portes Ouvertes, ces 4 et 5 mai
Pour la 3e année, la famille Prié ouvre grand ses portes samedi 4 et dimanche 5 mai. Pendant le week-end, près d’un millier de personnes est attendu. « L’occasion de partager davantage avec les gens du coin alors que notre musée attire beaucoup de touristes le reste de la saison. Nous choisissons ce moment pour lancer les nouvelles cuvées. Des copains, vignerons ou artisans, viennent aussi faire découvrir leurs produits : vins, bières, savons, huile d’olive, fromages, safran… » Restauration sur place par la crêperie de Saint-Servan.

En pratique

Ouverture du musée du 1er avril au 30 septembre. Visite libre (en partie accompagnée pour les classes et groupes). Tarifs : 5 € à partir de 15 ans, 3,5 € pour les moins de 15 ans. Ouverture en après-midi (fermé le dimanche), horaires détaillés selon les jours et mois sur www.museeducidre.fr Contact : Facebook « Cidre fermier prié » ou 02 96 83 20 78.

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