Les signes officiels de qualité : quel gain pour l’exploitant ?

Pour les exploitations qui s’engagent dans cette démarche, il est préférable de finement chiffrer ce projet car le coût de production va nécessairement augmenter. - Illustration Les signes officiels de qualité : quel gain pour l’exploitant ?
Pour les exploitations qui s’engagent dans cette démarche, il est préférable de finement chiffrer ce projet car le coût de production va nécessairement augmenter.
Ils sont de plus en plus prisés par les consommateurs. Pour autant, les signes officiels de la qualité et de l’origine peuvent-ils améliorer la rentabilité de l’exploitation ?

Les signes officiels de la qualité et de l’origine – les SIQO – sont au nombre de 5. Il s’agit de l’Appellation d’origine protégée (AOP), l’Indication géographique protégée (IGP), la Spécialité traditionnelle garantie (STG), le Label Rouge et l’Agriculture biologique (AB). En 2017, de nombreux produits ont rejoint ces labels et ils sont plus d’un millier aujourd’hui (363 vins et 4 cidres en AOC/AOP, 74 vins IGP, 100 AOP agroalimentaires, 140 IGP agroalimentaires, 427 produits Label Rouge et 1 produit STG (les moules de bouchot). En parallèle, le chiffre d’affaires des filières sous SIQO progresse et atteint 32 milliards d’euros HT pour l’année 2017.

Des répercussions positives pour l’exploitation

Si plusieurs raisons permettent d’expliquer la demande croissante des consommateurs pour les produits vendus sous SIQO, la première d’entre elles est certainement la préoccupation grandissante de la société envers les problématiques environnementales. Les consommateurs se mettent à la recherche de produits qualitatifs, issus d’une agriculture qui respecte davantage l’environnement.

Garantie officielle de la qualité et de l’origine, les SIQO mettent en lumière le travail du producteur. Pour les exploitations, les bénéfices sont multiples. Les SIQO dynamisent en effet les filières et engagent davantage les jeunes agriculteurs dans une démarche de qualité. En outre, le SIQO offre de nouvelles opportunités de marchés. Cela est particulièrement vrai pour les produits transformés qui ont une meilleure visibilité en circuit court et qui sont mieux référencés en grande et moyenne surface. Enfin, en raison de la petite taille des filières en AOP et IGP, les relations entre l’exploitant et les consommateurs sont plus dynamiques. Il est donc plus facile de s’adapter, de mieux répondre à la demande ou de négocier sur le prix du produit avec le distributeur.

Vers quel SIQO se tourner ?

Lorsque la qualité du produit est définie par l’origine géographique – et c’est le cas pour l’AOP, l’IGP et la STG – l’équation est très simple pour l’exploitant : soit il est dans le périmètre du SIQO, soit il ne l’est pas. Lorsque la contrainte géographique l’empêche de prétendre au SIQO, l’exploitant peut alors concentrer ses efforts vers les signes officiels qui attestent de la qualité de la méthode de production, plutôt que de la localisation. C’est notamment le cas pour le Label Rouge ou l’agriculture biologique.

Mesurer la viabilité du projet

Le passage en SIQO fait inévitablement augmenter le coût de production de l’exploitation. En effet, les contraintes imposées par le cahier des charges sont nombreuses et elles vont avoir des répercussions importantes sur les charges de structure (infrastructure, bâtiment…) ainsi que sur les charges proportionnelles (frais d’élevage, alimentation…) D’autres frais, directement liés à l’obtention du SIQO, tels que le coût de l’organisme certificateur, sont à prévoir. Au final, l’exploitant sera incité à repenser l’ensemble de son travail et de sa production. Avant de se lancer, il est préférable de bien mûrir le projet en réalisant une étude de marché exhaustive et en évaluant la solidité de sa trésorerie.

Gwenn Guillou/Cogedis


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