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“Une OP pour travailler de manière constructive avec la laiterie”

Ni coopérateurs, ni signataires d’un contrat de collecte, les apporteurs de lait des groupes LNA et Silav qui livrent l’entreprise Laïta envisagent de se structurer en Organisation de producteurs (OP) pour défendre leurs intérêts.

« Du discours du président Macron à Rungis au début de son mandat, j’ai surtout retenu son invitation à ce que tous les agriculteurs se regroupent, qu’ils adhèrent à des organisations de producteurs… », se rappelle Nathalie Carmès, présidente de l’association des éleveurs de la LNA (Laiterie nouvelle de l’Arguenon). Pour elle, l’adoption en octobre 2018 de la loi Égalim, faisant suite aux États généraux de l’alimentation, a été un « électrochoc » qui a inversé le schéma des dernières années. « C’est maintenant aux producteurs, à condition d’être regroupés en OP, de proposer un contrat-cadre à leur collecteur et de le négocier. »

À ses côtés, Thierry Allée, président de l’association des éleveurs de la Silav (Société industrielle laitière et ali-
mentaire du Vauvert), poursuit : « Nous représentons des apporteurs privés à Laïta, groupe laitier appuyé sur trois coopératives. Mais comme nous n’avons pas signé de contrat en 2011, nous n’avons aujourd’hui aucun statut. » À l’époque, à la création des deux associations, beaucoup rêvaient de devenir coopérateurs à leur tour. « Mais cela n’a pas été possible. »

22 % du volume de Laïta

Cumulés, les deux groupes LNA et Silav comptent environ 600 producteurs sur les Côtes d’Armor, auxquels s’ajoutent quelques agriculteurs d’Ille-et-Vilaine et du Morbihan. « Au total, cela représente plus de 220 millions de litres livrés, soit 22 % du volume valorisé par le groupe Laïta », détaillent les deux responsables d’associations. « C’est le même lait, mais nous n’avons pas la même paie. Le groupe Laïta fait du résultat et tant mieux. Mais tout remonte vers les coopératives fondatrices et nous échappe complètement : nous ne bénéficions pas, bien sûr, des compléments de prix rattachés à la détention de parts sociales dans l’une des coopératives », regrette Thierry Allée.

Pour un contrat-cadre de cinq ans

Le nouveau projet est donc de se structurer en Organisation de producteurs reconnue et habilitée à négocier. « Nous ne promettons pas 400 € / 1 000 L aux personnes qui nous rejoindront au sein de l’OP. Mais plutôt l’idée d’un prix du lait rémunérateur dont l’évolution serait notamment liée aux indicateurs publics de marché. Car les véritables niveaux de valorisation de Laïta, nous ne les connaîtrons jamais », confient les responsables des deux associations qui espèrent que le maximum d’éleveurs vont adhérer dès la création de la structure. « Notre idée est de travailler de manière constructive avec l’entreprise. Nous voulons surtout éviter que chaque éleveur se retrouve à négocier de façon individuelle. Il est important pour les producteurs ensuite que les choses soient claires et écrites. »

Nathalie Carmès explique qu’adhérer à une OP permet déjà de bénéficier d’un certain statut car « le contrat-cadre de collecte et de paiement négocié avec le groupe laitier est engagé pour une durée de 5 ans. » Pour elle, c’est déjà « une sécurité ». Sans oublier qu’une OP permet à l’occasion d’accéder à certaines aides publiques. Thierry Allée égraine d’autres avantages du dispositif : « En cas de refus ou de difficulté à discuter avec l’entreprise, une OP peut légalement faire appel à un médiateur pour fluidifier les échanges. Et en cas d’impasse, elle a la possibilité de proposer son contrat-cadre à d’autres opérateurs laitiers. » Aux yeux des porteurs du projet, cet encadrement des relations entre les deux parties semble plus rassurant et plus équilibré pour les producteurs.

Réunions d’information
Trois rencontres sont programmées. « Cotisation, embauche d’un demi-équivalent temps plein pour animer, nombre minimum d’adhérents… Il y a de nombreuses questions à aborder ». Rendez-vous à 14 h, mardi 20 novembre à la salle de cinéma de Belle-Isle-en-Terre (22) ou jeudi 22 novembre à la salle de l’embarcadère de Plélan-le-Petit (22) ou mardi 27 novembre à la Maison des bruyères, à La Motte (22).
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