Élevage

Gaec du Bon Vent : une année décoiffante

2018 restera une belle année de transition dans l’histoire du Gaec du Bon Vent qui a vu l’installation d’Arthur avec son père, Bruno Le Blévec, et leur associé, Michel Le Roch, à Locqueltas (56). Une année d’autant plus trépidante que, 10 ans après sa grand-mère, du Bon Vent Janna Canna renouvelle l’exploit aux concours Prim’Holstein.

Après un stage enrichissant au Québec, des expériences de salarié d’exploitation et de technicien conseil, Arthur Le Blévec a rejoint l’équipe du Bon Vent en début d’année, « un peu plus tôt que prévu ». Lui qui a une formation initiale en agro-équipement bifurque en BTS Acse (Analyse et conduite des systèmes d’exploitation), rattrapé par la passion de l’élevage. Une période de grandes manoeuvres démarre alors, pleine d’adaptations à combiner avec l’agrandissement du troupeau. En parallèle, les concours se profilent et la tentation est grande d’y participer à nouveau, malgré les chantiers en cours…

Aménagements en rafale

Seulement 10 mois se sont écoulés mais les associés ont dû enchaîner les aménagements pour accueillir les nouvelles vaches et les stocks de fourrages. « Nous avons transféré les génisses et les vaches taries sur un autre site, distant d’1 km. Le transfert s’effectue par un chemin récemment créé. Il n’y a pas de route à traverser. » Ainsi, une rénovation de la stabulation des génisses a pu être engagée. Les associés ont acheté des logettes d’occasion (logettes creuses avec dolomie du Poitou et paille).

« Nous avons également réalisé une extension pour disposer d’un box infirmerie et construit des silos sur le site principal. Pour cette première année, notre objectif était d’avoir des espaces fonctionnels et confortables pour le troupeau tout en limitant les investissements », précisent les associés, qui ont réalisé beaucoup de travaux eux-mêmes. Malgré tout, ces derniers se projettent dans les cinq prochaines années et envisagent de faire évoluer la salle de traite et d’acheter un racleur dans une perspective de gain de temps. « D’autant plus que nous avons des difficultés à recruter des apprentis pour nous épauler », soulignent-ils.

Bien-être et longévité

Les éleveurs ont engagé une conduite « grand troupeau » avec suivi encore plus rapproché des animaux. « Le rassemblement des deux troupeaux s’est bien passé. Nous avons malgré tout eu plus de difficultés à gérer le pâturage cette année, d’autant plus que les vaches ont été mises à l’herbe plus tard que d’habitude. Avant l’agrandissement du troupeau, nous sortions les animaux presque toute l’année et avions tendance à faire vieillir les vaches, peut-être trop. Cette approche a ses limites ; aujourd’hui, nous devons la retravailler », précisent les associés.

Côté alimentation, ils distribuent une ration complète à base de maïs shredlage et de fourrages de très bonne qualité. « La préparation au vêlage est aussi un axe de travail important chez nous. Nous gérons les vaches taries en lots avec une ration spécifique pour bien engager les futures lactations. Les retours en chaleur sont rapides et nous ne déplorons pas de rétentions placentaires ». Au vêlage, ils effectuent un « drenchage naturel » en mettant 40 litres d’eau tiède à disposition avec un bac à maïs et surveillent de près les animaux.

Du Bon Vent Janna Cama (Aftershock x Goldwyn x Stormatic Atacama ), s’est démarquée en septembre au Space à Rennes et en octobre au  Régional Prim’Holstein au Salon Ohh la vache à Pontivy : 1re de classe Meilleure mamelle jeune Championne jeune  et Grande Championne.
Du Bon Vent Janna Cama (Aftershock x Goldwyn x Stormatic Atacama ), s’est démarquée en septembre au Space à Rennes et en octobre au Régional Prim’Holstein au Salon Ohh la vache à Pontivy : 1re de classe Meilleure mamelle jeune Championne jeune et Grande Championne.

Génétique et concours

La génétique fait partie de l’ADN du Gaec du Bon Vent qui recherche une bonne morphologie, du lait et des taux sur le troupeau. Ils utilisent des doses sexées françaises, canadiennes et allemandes sur leurs génisses. Bruno précise : « Pour faire du lait et du taux, les vaches ont aussi besoin d’avoir de bonnes pattes ». Présenter des vaches aux concours s’est naturellement imposé à ces passionnés de belles vaches. « C’est une vraie passion, du plaisir mais aussi du temps. Cela fait avancer mais ne nous fait pas vivre même si nous pouvons potentiellement vendre quelques vaches suite aux concours », souligne Michel. Les associés sélectionnent et préparent les vaches pour les concours 2 mois avant en les déplaçant dans un box (elles sont au moins 2) avec une ration spéciale 3 fois par jour. 3 à 4 tontes sont effectuées par le clippeur, Julien Dano, qui donne également un bon coup de main. « Au final, les vaches sont faciles à manipuler mais peut-être un peu trop chouchoutées ! », concluent les éleveurs.

Carole Perros / Triskalia

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