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Un vent nouveau souffle sur Ilur

L’île d’Ilur, petite perle du golfe du Morbihan, renaît depuis son acquisition par le conservatoire du littoral. Vincent Chapuis, gardien des lieux, veille sur sa faune et sa flore, tout en accueillant des visiteurs.

Bien ancrée au centre du golfe du Morbihan, Ilur se fait discrète. Ici, pas d’embarcadère pour accueillir de gros bateaux. Les touristes visitent l’île d’Arz voisine sans soupçonner l’existence d’un petit joyau du patrimoine insulaire, à quelques encablures, plus au sud. La dizaine de maisons et de granges en pierre de son petit bourg, les trois fours à pain et les deux puits témoignent d’un passé récent où l’île faisait vivre quatre à cinq familles. Elles y ont vécu en autarcie jusqu’aux années 1950 sur une quarantaine d’hectares. Pendant des siècles, céréales et légumes ont nourri les hommes et les volailles. Les maigres prairies littorales ont sustenté des troupeaux de moutons et même quelques vaches… La petite chapelle rénovée, à une extrémité du hameau, étonne le visiteur. « Sa présence est attestée depuis le Xe siècle, quand Ilur n’était encore que la paroisse Hur, l’une des presqu’îles de Sarzeau », indique Vincent Chapuis, garde du littoral, en charge d’un développement harmonieux de l’île.

Contrairement à la grande majorité des îlots voisins, ce petit paradis a échappé aux acheteurs privés. Elle a été acquise par le conservatoire du littoral il y a une dizaine d’années. Sa gestion a été confiée au Parc Naturel Régional du Golfe pour en faire un lieu de mémoire mais aussi un support pour des recherches scientifiques.

Avec Gwénégan Cueff, saisonnier, lors d'un chantier d'arrachage de plantes invasives (datura).
Avec Gwénégan Cueff, saisonnier, lors d’un chantier d’arrachage de plantes invasives (datura).

De l’eau pour 15 habitants

« Nous nous sommes d’abord attachés à restaurer la diversité du paysage », explique le naturaliste. « La nature avait repris ses droits. Nous avons créé des chemins, ouvert les prairies ». Avec, pour matériel, un tracteur, une faucheuse, des débroussailleuses et, en appui, un troupeau d’une trentaine de moutons Landes de Bretagne qui entretient les espaces réaménagés, les zones humides et les sous-bois. « Ensuite, nous nous sommes attachés à redonner de l’autonomie en eau et en électricité ». L’un des puits, celui du hameau, collecte de l’eau salée. Le second, à 300 mètres du bourg, fournit une eau potable. « De quoi alimenter une quinzaine de résidants, au plus », sourit Vincent Chapuis. Exit les grands projets touristiques. Sur Ilur, le développement se veut durable. Les panneaux solaires fournissent de l’électricité et le hameau est en cours de restauration. Les fours à pain reprennent un peu d’éclat. Les maisons abritent quelques expositions sur le patrimoine, la faune et la flore insulaires.chapelle

Messe le dimanche

« Dans un premier temps, l’objectif est de recevoir les visiteurs dans de bonnes conditions. » Certains viennent sur l’île par leurs propres moyens et visitent en toute liberté. Ils peuvent assister, le jour du pardon, à une messe à la chapelle. D’autres prennent la navette, au départ de Vannes, lors des journées du patrimoine, ou des jours de tonte à l’ancienne des moutons. Sans oublier les scolaires qui accostent régulièrement, en provenance des communes du Parc. Plus de 15 000 visites dans l’année quand même… « Ensuite, nous envisageons de créer des gîtes dans les demeures du village ». Plus tard, quand l’accueil à la journée sera déjà bien rodé…

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Observatoire

Vincent Chapuis réalise également un suivi scientifique, en observant la faune et la flore. « Nous réalisons des comptages d’oiseaux nicheurs, nous relevons les mesures de traits côtiers, nous prélevons de l’eau de mer pour des analyses de plancton en laboratoire ». Des données qui permettront de connaître l’évolution de l’écosystème des îles du golfe. Il reçoit des biologistes patentés ; prochainement des spécialistes des invertébrés vivants. « J’ai un travail varié », se réjouit le Parisien d’origine. « Je suis en contact avec des éleveurs de moutons du secteur, des scientifiques, des représentants d’offices de tourisme ou encore avec des moniteurs de clubs de canoë-kayak ». Loin d’être isolé sur son île, où il vit une bonne partie de l’année. Ilur est prête à se dévoiler. Accessible à tous, elle restera un modèle d’écotourisme, loin du tourisme de masse et de ses écueils.

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Animations en tous genres
  • 17 juin : tonte à l’ancienne du troupeau de moutons (pas de navette organisée ; accessible aux seuls plaisanciers).
  • Les dimanches de juillet-août (sauf 1er et 29 juillet) : visite commentée au village : histoire, patrimoine, projet de valorisation (à 14 h 30 à la chapelle). Durée : 1 heure, gratuit.
  • Les 5 et 19 août et le 16 septembre : visite découverte de l’île d’Ilur et de son village (patrimoine naturel et culturel) à l’occasion des journées du patrimoine.

Navette : réservation et paiement auprès des offices detourisme de Vannes et Rhuys : 20 € AR et 10 € aux moins de 18 ans. Accessible gratuitement aux plaisanciers se rendant directement sur l’île.

 

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