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Gérer ses stocks d’herbe en combinant pâturage et fauche

Les rendez-vous de l'herbe

Au Gaec de Langren, à Plouaret (22), Mathieu et Soizic Le Fustec concilient au mieux gestion du pâturage et constitution de stocks d’herbe pour l’hiver.

Mathieu et Soizic Le Fustec ont plus de 20 jours d’avance au pâturage, malgré une pousse de l’herbe moyenne. Leurs 64 vaches laitières sont en pâturage plat unique depuis fin avril. Il est prévu qu’elles le restent jusqu’à mi-octobre. « Nous avons 80 ares/vache d’accessibles, mais en ce moment nous tournons sur 35 ares : le reste est dédié à la fauche ». Les vaches laitières produisent actuellement 22,5 L/VL, alors qu’il n’y a pas eu de vêlage au printemps. Les taux sont moyens (TP : 33 – TB : 39).

Des stocks sur pied importants

Les parcelles les plus éloignées sont fauchées pour produire de l’enrubannage ou du foin. Elles ne sont enrubannées que si le temps ne permet pas de faire du foin. Elles seront réintégrées au pâturage en août, ce qui permettra d’avoir un temps de retour de 70 jours.

Le troupeau rentre dans des parcelles avec une hauteur d’herbe de plus de 14 cm (herbomètre). La légère baisse de la valeur nutritive de l’herbe est compensée par un volume plus important, et par la richesse en trèfle qui permet d’avoir un fourrage appétent et nutritif. « Nous préférons avoir des stocks sur pied plutôt que de faucher pour le distribuer en août », explique l’éleveur. Il pratique le « fauche-broute », ou topping, qui consiste à faucher juste avant que le troupeau ne rentre dans la parcelle. « Je le fais au moins une fois par an sur chaque parcelle : cela permet de contrôler l’épiaison, de gérer les refus et de stimuler la repousse ».

Un parcellaire adapté au pâturage

Les agriculteurs ont rigoureusement aménagé leur parcellaire. Chaque paddock est accessible par un chemin. « Nous faisons parfois 40 minutes de marche pour emmener les vaches au pâturage ». Les sorties de stabulation et les passages critiques sont bétonnés. Ce confort de travail leur permet de sortir les vaches tôt dans la saison, même au cœur de l’hiver quand la météo est clémente. « Chez nous, il n’y a pas une période stricte de déprimage : nous sortons les vaches dès qu’on peut, même l’hiver, avec pour objectif de raser toutes les parcelles au moins une fois ». Le pâturage est piloté grâce au calendrier de pâturage et à un tour d’herbe par semaine.

Réduire l’astreinte

Le pâturage est une affaire de famille : « Mes parents, mon oncle et ma tante se sont installés dans les années 80, et sont en système tout herbe depuis les années 1990. Aujourd’hui, ils sont tous retraités et j’exploite les terres avec ma femme Soizic », raconte Mathieu Le Fustec. Même s’ils sont encore là en cas de besoin, la main-d’œuvre s’est réduite sur la ferme. Un apprenti a donc été embauché. Le challenge actuel est de réduire l’astreinte en rationalisant le travail. Ils ont déjà acheté une pailleuse, des abreuvoirs à niveau constant et réduit la surface en pommes de terre… « Tout ce que nous achetons doit servir à améliorer les conditions de travail, pas à augmenter les moyens de production ».

Débrayer dès maintenant pour anticiper le creux de l’été et de l’hiver

pousse-herbeLa sélection des parcelles pour la première fauche se fait dès mi-avril ; en effet, pour maximiser les chances de couper l’épi et avoir une repousse en feuille, il faut anticiper et débrayer un mois plus tôt, le meilleur stade de fauche étant théoriquement entre le 20 et le 25 mai. Mais d’autres choix devront être faits plus tard pour une 2e ou une 3e fauche. Trois règles au moins pour prendre ses décisions :
• 1. Sélectionner pour la fauche les parcelles avec des refus. Cela va permettre de les « nettoyer » ;
• 2. Si une parcelle a plus de 20 cm d’herbe ou qu’elle s’en approche et que la dynamique de pousse est très bonne : ne pas rentrer les bêtes dedans et la garder pour la fauche ;
• 3. Écarter les paddocks que l’on veut conserver pour le pâturage (bonne accessibilité, portance…). Un tour des paddocks chaque semaine permet d’avoir les clés pour faire les bons choix.

Contact Cédapa : 02 96 74 75 50

En zone humide

La ration était composée de foin, mélange céréalier et déchets de pommes de terre et pâturage la nuit. Depuis 10 jours, la pousse de l’herbe a explosé : j’ai arrêté le mélange céréalier il y a une semaine, pour préparer la transition alimentaire. Le 20 avril, j’ai démarré le 1er tour : les vaches sont au pâturage jour et nuit, en plat unique. Elles produisent 20 kg de lait. Je suis confiant, il y a beaucoup de stocks sur pied : j’estime que j’ai 30 jours d’avance au pâturage. Les génisses et les taries sont sorties aussi pour déprimer des parcelles de fauche, mais elles se font déborder par l’herbe, je vais devoir faire une coupe d’enrubannage.
Civam 29 : 02 98 81 43 94Pierre Queniat, Guerlesquin (29)

En zone intermédiaire

Ça y est l’herbe pousse ! Le 25 avril nous avons fait le tour des paddocks pour choisir ceux à débrayer. Nous avons écarté 10 ha qui ont été fauchés le 14 mai, en même temps que 5 ha non accessibles. Nous les avons ensilés le 17. En ce moment, nous tournons sur 15 ha d’herbe en surface de base. Depuis le 11 mai avec les nuits fraîches, la pousse a ralenti. Pour ne pas accélérer les tours de paddocks nous avons complété la ration pendant 5 jours avec 5 kg d’enrubannage. Cela nous a aussi permis d’écouler une partie des stocks car, avec la conversion en agriculture biologique, nous devions être à stock zéro au 15 mai. Les vaches sont toujours à 21 kg (TP : 33 ; TB : 40).
Adage : 02 99 77 06 56Christophe Mellier, Essé (35)

En zone intermédiaire

Mi-avril, la pousse a explosé. Le retour du froid ces jours-ci permet de la lisser. Tous les animaux sont au pâturage plat unique depuis le 5 mai. Ils ont 1 kg/j de foin à disposition. Les 125 VL produisent 20 kg/VL/j (TB : 39,9, TP : 31,1). La matière grasse a baissé mais le volume reste stable. Les vaches tournent sur 21 paddocks d’1,20 ha (1 j/paddock). 60 ha de prairies de fauche ont été coupés au 5 mai : 224 t MS d’ensilage et 130 bottes d’enrubannage à 60 % MS, après 72 heures de préfanage. « Une partie des stocks d’hiver est faite. » Les associés préparent la terre pour les semis de maïs prévus fin mai sur un sol bien réchauffé. Du lisier sera épandu sur les prairies fauchées.
Civam AD 56 : 07 85 26 03 02Julien josse, La Croix-Helléan (56)

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