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« Savoir renouveler ses prairies au bon moment »

Pour Marie-Édith Macé, à Melesse (35), il faut trouver le juste équilibre entre le coût de renouvellement des pâtures et le produit créé/maintenu.

Depuis son passage en bio en 2012, Marie-Édith Macé pratique la rotation suivante : prairie à durée indéterminée par avance puis maïs fourrager et mélange céréalier moissonné. « Les premières années, je semais 2 types de mélanges : triticale-pois et épeautre-féverole. J’ai rapidement stoppé le triticale-pois, peu intéressant pour mes vaches ». Quant à l’épeautre-féverole il était distribué aux vaches et aux génisses. « C’est un mélange intéressant pour sa fibre, son apport azoté et son appétence ». Elle distribue environ 2 kg aux génisses âgées de moins de 6 mois, puis 1,5 kg pour des génisses entre 6 et 9 mois et enfin 1 kg pour les 9-12 mois, avec un vêlage de 27 mois et une mise à l’herbe aux alentours des 9-12 mois.

« En 2017, j’avais beaucoup de génisses et en mauvais état parasitaire. Je leur ai distribué tout le mélange céréalier. Les vaches n’en ont pas eu. Résultats, les vaches n’ont pas perdu d’état, de lait et de taux. Je me suis, alors, rendue compte qu’avec la qualité de mes fourrages, je n’avais pas besoin de complémenter pour atteindre mes objectifs ». Depuis cet épisode, le mélange céréalier est uniquement destiné aux génisses. En 2018, pour permettre le renouvellement des prairies, l’agricultrice a semé et stocké en grains 5 ha de mélange céréalier derrière 5 ha de maïs, pour un besoin de 2,5 ha en mélange céréalier. « Au printemps 2020, la situation est telle que j’ai une année d’avance de mélange céréalier en grain ». À l’automne 2019, le semis des céréales a été très difficile. De plus le mélange a subi des attaques de rouille et de pucerons. À cela s’ajoute un manque de fourrage. Alors, elle a décidé d’ensiler son mélange épeautre-féverole pour la première fois cette année. Il forme la première couche du silo d’herbe.

« On l’a bien roulé et on l’a recouvert d’herbe de fauche. Le silo ne fait pas plus de 80 cm de hauteur ce qui permet de bien le tasser. Je suis contente d’avoir pris cette souplesse. Mais je ne sais pas ce que cela vaut côté nutritionnel. Est-ce une bonne opération au vu du prix des semences ? J’en doute. À l’avenir, soit je sème de la prairie juste derrière maïs, soit je trouve le mélange céréalier qui me permet d’aiguiller, selon les années fourragères, la destination du mélange céréalier entre fourrage et céréales battues ». Le top, selon l’éleveuse, serait l’assolement partagé avec un paysan boulanger, un paysan brassicole ou un granivore qui a besoin de céréales et qui peut profiter de la culture de céréales post maïs.

Marie-Édith Macé a encore 10 jours d’avance de pâturage. « Habituellement, j’ouvre le silo d’herbe aux alentours du 15 juillet ! Les 5 ha semés en septembre m’ont permis de faire pâturer les vaches 12 jours en juillet. Ils m’ont sauvé la saison. Faire vieillir ses prairies c’est bien, à condition de savoir les renouveler au bon moment. Il faut trouver le juste équilibre entre le coût de renouvellement et le produit créé/maintenu ». Cette année, pour la première fois également, la production de lait est restée stable, aux alentours des 19,5 kg lait/VL avec un TP de 38,5 et un TB de 31,5. « Je suis contente de ma saison de pâturage ».

Faire vieillir ses prairies c’est possible
Les prairies temporaires d’association graminées – légumineuses sont la base des systèmes herbagers économes pâturants. Certains agriculteurs les font vieillir au-delà de 5 ans voire beaucoup plus pour une même quantité de fourrage de qualité correspondant à leurs exigences techniques. Le projet PERPET a exploré le sujet pendant 4 ans sur 87 fermes. En plus de se questionner sur les raisons de retourner une prairie (Bénéficier de la minéralisation d’azote dans les rotations culturales ? Baisse de productivité ou perte de diversité floristique ?, classification Pac ?), faire vieillir ses prairies doit répondre aux conditions suivantes :
– Bien réussir au préalable son semis,
– Accepter une évolution de la flore prairiale vers une diversification,
– Ne pas oublier de fertiliser organiquement les prairies,
– Adapter ses pratiques de pâturage.

Résultats de l’étude : contact@civam.org

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Avec le vieillissement des prairies, il faut accepter une évolution de la flore prairiale vers une diversification.

En zone humide

Il me reste environ 10 jours de pâturage avant d’ouvrir le silo de maïs. Mon objectif de maintenir le silo fermé jusqu’au 20 juillet est atteint ! J’ai essayé le topping. Je fauche puis le pâturage est conduit au fil. Dans l’ensemble, je suis satisfait car il y a très peu de refus. Il faut bien gérer la quantité à faucher en fonction de la météo. Quand il fait très chaud comme cette semaine, je fauche pour un jour, quand l’herbe était plus tendre j’ai fauché pour 3 jours. En ce moment, les vaches étant dans les plus vieux paddocks (6 ans), je les complémente avec de l’enrubannage, au moment de la traite. Je leur donne également 1 kg de blé et 150 g de minéraux. Les vaches produisent 22,6 L de lait à 38,4 de TB et 31,5 de TP. Cédapa : 02 96 74 75 50Yannis Collet, Plumieux (22)

En zone intermédiaire

Les 50 VL produisent actuellement 17 L/VL. Il reste 10 jours d’herbe à pâturer, mais j’ai commencé à distribuer de l’enrubannage RGH/TV le 23 juillet. J’ai voulu me limiter à 5-6 kg MS de maïs en complément du pâturage, cela a tenu 2 semaines jusqu’au 10 juillet. Depuis, plutôt que d’augmenter le maïs, d’aller trop vite dans les stocks et de déséquilibrer la ration, j’ai préféré ajouter de l’enrubannage. Les génisses, quant à elles, pâturent sur des parcelles en RGH/TV, sans affouragement. Côté culture, c’est la 2e année que je fais du mélange céréalier, j’ai eu un rendement de 35 q en triticale/pois. L’ensemble des parcelles sont encore vertes, ce n’est pas si courant pour une fin juillet. Civam AD 56 : 06 83 60 88 61Gregory Heyman, Grand-Champ (56)

En zone humide

Le pâturage en plat unique se poursuit pour les 60 vaches en production. Les pluies de fin juin nous permettent même d’envisager le pâturage jusqu’à fin août. La production se maintient à 13 kg/ VL avec un TB à 53 et un TP à 38. La production est au même niveau que l’année dernière mais avec des taux plus hauts, du fait qu’on a plus de Jersiaises dans le troupeau et que l’herbe est de meilleure qualité. La dizaine de vêlages attendus en juillet permet de garder le cap sur les volumes produits en suivant la saisonnalité des prix du lait de la coopérative. Le mois de juillet a été consacré à la fauche : nous avons réussi à doubler les stocks de fourrages pour l’hiver avec 480 rounds. Civam 29 : 02 98 81 43 94 Yves Coadou, Plonévez-du-Faou (29)

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