Désherbage : la roto-étrille à l’épreuve du terrain

Roto-étrille en démonstration mardi dernier dans une parcelle du lycée de Kerlebost, à Pontivy. Celle du constructeur APV (au second plan) coûte 14 800 € HT. - Illustration Désherbage : la roto-étrille à l’épreuve du terrain
Roto-étrille en démonstration mardi dernier dans une parcelle du lycée de Kerlebost, à Pontivy. Celle du constructeur APV (au second plan) coûte 14800 € HT.
Petite cousine de la herse étrille et de la houe rotative, la roto-étrille est la nouvelle venue dans le monde du désherbage mécanique. Elle a des atouts à faire valoir.

« Contrairement aux houes ou aux herses, elle travaille réellement 100 % de la surface », assure David Méallet, technicien sur la station expérimentale de Kerguéhénnec. Il teste, cette année, une roto-étrille de 6 mètres de largeur du constructeur APV sur ses parcelles de maïs et de féverole. « Nous n’avons fait qu’une quinzaine d’hectares à ce jour. Le travail réalisé est satisfaisant. Par contre, les réglages peuvent être un peu longs (pression et orientation individuelle de la vingtaine de roues dentées) ». L’entreprise Hamon, de Guer, s’est dotée d’une roto-étrille et possède un peu plus de recul, avec plus de 300 hectares au compteur. « Le désherbage est efficace avant le stade 2 feuilles et après 4 feuilles », précise Pierre-Henri Hamon. « Entre ces deux stades, les dents accrochent le feuillage de plants pas encore suffisamment enracinés. Il y a donc un risque de pertes de plants. Après 4 feuilles, le maïs est bien implanté et résiste au passage mécanique ».

Pack désherbage

L’appareil travaille à une vitesse de 7 à 8 km/heure (à 2-3 cm de profondeur). L’entrepreneur ne voit pas de problème particulier au niveau de l’usure des dents. « Rien à voir avec la houe rotative qui travaille à 15 km/heure et dont le coût d’entretien est bien plus élevé ». Il précise que l’outil ne peut, en aucun cas, réaliser un décroûtage de la surface (technique réservée à la houe). Un passage de roto-étrille est facturé 45 €/hectare ; 38 €/ha pour la houe rotative. Aux clients qui s’engagent dans le désherbage mécanique, l’ETA propose un pack écophyto comprenant 3 passages d’outils (houe ou herse ou roto-étrille ; bineuse).

[caption id=”attachment_35038″ align=”aligncenter” width=”720″]Les roues dentées font 50 cm de diamètre. La pression et l'orientation sont réglables pour jouer sur l'agressivité. Les roues dentées font 50 cm de diamètre. La pression et l’orientation sont réglables pour jouer sur l’agressivité.[/caption]

« Cette prestation se développe rapidement. Elle revient au même prix que le désherbage chimique », précise Pierre-Henri Hamon. L’efficacité du désherbage mécanique est réelle à condition de respecter des règles précises de préparation du sol et de semis (voir ci-contre). « La technique ne s’improvise pas. Il doit s’anticiper dès la préparation du sol ». Des parcelles de féverole et de haricot ont également été désherbées avec succès. Il faut rappeler que la technique demande des conditions météo optimales.

Semis profond

Anita Le Golvan, agricultrice bio à Noyal-Pontivy évoque les points de réussite sur ses 6 hectares de culture. Elle travaille avec une herse étrille et une bineuse. « Le précédent doit être détruit suffisamment tôt pour pouvoir réaliser un faux semis. Le semis doit être tardif pour une levée rapide des plants (autour du 15 mai) et réalisé à 4-5 centimètres de profondeur pour supporter sans crainte les passages d’outils de désherbage. La densité de semis doit être renforcée (105 000 grains/ha). Ensuite, le premier passage (herse) peut être réalisé 4 à 5 jours après le semis. Le second, 4 à 5 jours plus tard. Le premier passage de bineuse est réalisé avec des doigts Kress pour travailler sur le rang ; le second sans accessoires ». Des variétés précoces ou très précoces sont utilisées. Les techniciens ajoutent l’importance de rouler après le semis (en prélevée du maïs) pour favoriser la pousse des adventices avant le passage de la herse.


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