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Herse et roto-étrille ratissent les adventices

Sur les parcelles de lin de Guillaume Letur, menées en agriculture biologique, les outils de désherbage mécanique donnent de bons résultats.

« Le lin sort 10 jours après le semis, un 1er passage de herse étrille est possible 15 jours après implantation », décrit Guillaume Letur. L’agriculteur installé à Commana cultive la plante fibreuse sur 20 ha, et a profité du temps sec et ensoleillé pour passer une seconde fois ses outils de désherbage mécanique. La culture historiquement emblavée en Finistère a fait son retour l’an passé chez le producteur. Cette année, la majorité du lin a pour précédent une céréale, les adventices sont assez présentes à la mi-mai. Pour préserver un peuplement satisfaisant, 2 300 graines/m2 ont été semées. De quoi faire face aux légers arrachements possibles lors du passage de herse étrille.

Un nivellement parfait obligatoire

« Le lin doit être semé dans une parcelle parfaitement nivelée, pour faciliter le passage des outils de désherbage, mais aussi pour garantir une récolte régulière », fait observer Guillaume Letur. Avec une graine très petite, une bonne préparation du sol est primordiale. Le Finistérien s’est essayé à l’utilisation d’une roto-étrille avec la présence d’un outil de l’ETA Mao de Lannilis, passée à une vitesse maximale de 3 km/h pour éviter des arrachements excessifs de la culture. La pression des pointes de la roto-étrille sur le sol doit aussi être ajustée pour épargner le lin tout en déchaussant les adventices au stade filament blanc. La herse étrille classique de la ferme donne également de très bons résultats, en épargnant davantage les jeunes pousses de lin. Après 2 passages, le producteur n’exclut pas de revenir une 3e fois, selon le salissement des parcelles. Pour cela, « il faut laisser le lin se ré-enraciner. J’interviendrai au stade 7 à 8 cm », prévoit-il. Du semis à l’arrachage, le cycle de la culture est de 100 jours. La plante doit croître régulièrement pour une fibre de qualité.

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La parcelles sont propres, les quelques vivaces restantes seront ensuite éliminées.

Peu d’azote, mais du zinc

« Les besoins en azote du lin sont faibles, de l’ordre de 50 uN/ha et par an. En revanche, d’une carence en zinc résulte des plantes chétives, un nanisme qui empêchera le teillage », selon Colette Quatrevaux, conseillère à la Chambre d’agriculture et animatrice du groupe lin qui regroupe une vingtaine de producteurs. Cet oligo-élément nécessaire à la pousse d’une fibre de qualité s’applique en traitement foliaire pour les conduites en agriculture biologique, ou en traitement de semence pour les lins conventionnels.

Trouver d'autres producteurs
Guillaume Letur sert de relais breton pour l’usine de teillage normande Depestel, située à côté de Caen (14). En plus d’un appui de la Chambre d’agriculture, il bénéficie des conseils techniques de Patrick Berghman, conseiller lin fibre. « Il possède plus de 20 années d’expérience dans la culture ; il y a toujours un lien étroit entre le teilleur et le producteur ». Pour pouvoir mettre sur pied et relocaliser une filière lin en Bretagne, 350 ha en AB et 550 ha en conventionnel seront nécessaires.
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