Edito

Du virtuel au réel

Tous les jours, on nous abreuve. On nous abreuve de millions et de milliards. À quoi bon se fondre les méninges pour savoir si ce sont des euros ou des dollars puisque l’esprit humain s’y perd bien souvent dans ces avalanches de chiffres. Avec tant de zéros, l’argent tourbillonne dans le virtuel. Parfois doublement virtuel.

Ainsi le bitcoin qui affiche ses 600 milliards de « valorisation » est doublement virtuel. Cette monnaie ne repose sur rien sinon la spéculation. Et pourtant chaque bitcoin vaut 10 fois plus qu’une once d’or. À son prix actuel, une ferme bretonne évaluée 400 000 € ne vaudrait qu’une trentaine de bitcoins ; qui plus est susceptibles de partir en fumée en quelques heures. Pour le prix Nobel de l’économie, Robert Shiller, cette bitcoin-mania est tout bonnement irrationnelle. Ce sage estime en effet que cette cryptomonnaie qui fluctue « au gré des humeurs et des croyances est sans valeur fondamentale ».

Spéculation sur rien. Même les « buzuk » et les « galléco » bretons sont financièrement plus solides. Au nom d’un collectif d’économistes et de responsables politiques européens, le climatologue breton Jean Jouzel et l’économiste Pierre Larrouturou en appellent justement à « dégonfler la spéculation » planétaire. Et plaident pour que l’Europe accorde 1 000 milliards d’euros (2 000 €/Européen) pour un chantier bien réel et nécessaire : la transition énergétique. À peine un quart de la richesse de la Banque centrale européenne suffirait à financer ce noble chantier pourvoyeur d’emploi, de vie dans les territoires et d’avenir pour nos enfants.

À l’heure où le budget de la Pac s’effrite, l’agriculture aurait beaucoup à gagner d’un tel choix. Il faut simplement vouloir.

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