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Le foin séché en grange par la méthanisation

Pour être sûr de disposer d’un foin de grande qualité malgré un climat « arrosé », Xavier Le Goff a installé un séchoir en grange qui valorise la chaleur de son unité de méthanisation.

« C’est en stage en montagne lorsque j’étais étudiant que j’ai pu observer la qualité du foin séché en grange, sur une exploitation en bovins lait et viande. En donnant très peu de maïs aux animaux, les éleveurs obtenaient de bons résultats techniques », relate Xavier Le Goff, installé à Plouaret (22) depuis 1995. Concrétisant son projet de méthanisation, l’éleveur a décidé de le coupler à l’installation d’un séchoir en grange en 2014. La chaleur générée par le méthaniseur de 220 kW sert à chauffer ses poulaillers et à sécher l’herbe, mais aussi des céréales, des caissons de bois bûche et bientôt du maïs grain.

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Xavier Le Goff sèche aussi des céréales, du bois bûche et bientôt du maïs grain avec la chaleur générée par le méthaniseur de 220 kW.

Récupérateur de chaleur en sortie

Pour abriter le séchoir, l’éleveur a édifié en autoconstruction un bâtiment type industriel, conçu et aménagé en fonction de la griffe à foin. Les génisses et les réformes y sont aussi logées. 340 tonnes de foin peuvent y être séchées, soit l’équivalent de 80 ha, dans quatre cellules de 150 m2 chacune. À côté, le séchage à plat de graines est possible sur 400 m2. Cela me permet aussi de stocker le blé pour espérer mieux le valoriser sur le marché.

Préchauffé sous le toit solaire du bâtiment (1 000 m2 de capteurs), l’air est monté en température dans la batterie (où passe l’eau chaude issue de la méthanisation). « L’optimum pour l’air soufflé est de 35 – 40°C. Et il fait 15 à 35 % d’humidité quand il entre dans le séchoir. » Bricoleur et astucieux, l’éleveur a aussi installé un récupérateur de chaleur sur l’air qui sort du bâtiment. « J’estime le gain d’énergie à 30 % avec ce système. Cela me permet de baisser plus facilement le taux d’hygrométrie. »

Aujourd’hui, les bovins de l’élevage sont nourris avec du foin uniquement, sans aucun maïs. « J’ai arrêté la production de taurillons en 2013 », précise Xavier Le Goff. 150 à 200 rounds de foin sont réalisés en complément, « pour la fibrosité, l’encombrement. » Le foin séché en grange est un aliment moins fibreux, très nutritif. Les valeurs peuvent atteindre jusqu’à 18-20 en taux de protéines, mais l’éleveur vise plutôt un objectif de 14 – 15 %. En finition, les vaches et génisses reçoivent, en plus du foin, de l’orge autoproduite et de l’aliment à base de lin. « Elles sont vendues en direct à une GMS locale sous le label “Bleu-Blanc-Cœur”. Le lin favorise par ailleurs la santé du troupeau. Les génisses en croissance en reçoivent aussi… »

Santé et confort de travail

L’herbe est semée essentiellement en RGA – trèfle blanc diploïdes, avec un apport de 30 m3/an de digestat de méthanisation. Les vaches pâturent les deux tiers de l’année. 30 ha sont réservés à la fauche. En 2014 également, Xavier Le Goff a investi dans une autochargeuse d’occasion avec faucheuse frontale et latérale. D’avril à septembre, le foin destiné à être séché est préfané pendant deux jours avant d’entrer dans le séchoir (objectif de 60 % de MS).
« Quand les vaches sont rentrées, je fauche pour de l’affouragement en vert si les sols sont suffisamment portants. » Depuis l’installation du séchoir, le producteur apprécie le confort de travail et observe une santé encore améliorée sur ses animaux, avec moins de problèmes de fécondité notamment.

Repères
  • 3 UMO dont 2 salariés,
  • 120 mères charolaises,
  • 300 bovins au total,
  • 3 poulaillers de canards de chair,
  • Sur le séchoir à foin, l’investissement a représenté un coût de 165 000 €. Le producteur a obtenu 42 104 € de subventions (PCAEA et Conseil général) et a contracté un emprunt pour les 122 896 € restants sur 12 ans.
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