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L’élevage laitier transféré sur le site de la méthanisation

EARL de Ker Noé, Saint- Brandan (22)

En investissant dans une unité de méthanisation en 2014, Christophe et Séverine Aubry avaient déjà en tête d’y recréer un élevage laitier flambant neuf pour quitter le siège d’exploitation où le développement n’était plus possible.

Dès 2009, Christophe Aubry et son épouse Séverine se sont intéressés à la méthanisation avec l’idée première de se diversifier tout en envisageant un transfert de l’élevage laitier sur le site de la méthanisation qui serait construit à 800 m du siège d’exploitation situé à Saint-Brandan (22). « L’élevage, qui date de mes parents, est situé à 50 m d’une maison d’habitation. Et, avec un lotissement juste à proximité, cela n’était donc pas possible de se développer. Avec 30 vaches, cela passait mais avec 85 ce n’était plus possible, le bâtiment était trop petit et totalement fermé. Avec nos deux robots de traite et 85 vaches nous avions du mal à produire notre référence laitière de 850 000 litres », livre Christophe Aubry.

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Christophe Aubry,
agriculteur/méthaniseur à Saint-Brandan.

La puissance doublée après 4 ans de fonctionnement

L’unité de méthanisation par cogénération de 100 kW de puissance est mise en route en 2014. L’investissement est alors de 1 million d’euros avec les subventions de l’Ademe, de la Région et du Département à déduire qui frôlent les 30 %. Le projet a été dimensionné en fonction des intrants disponibles sur l’exploitation : fumier, lisier, cultures intermédiaires à vocation énergétiques (Cive) ainsi que quelques déchets de céréales provenant d’une coopérative et des déchets de pelouse de la commune. « Finalement j’avais la matière pour produire plus. En 2018, nous avons réinvesti 600 000 € en installant un deuxième moteur de 100 kW. L’ancienne fosse de stockage a été transformée en post-digesteur et nous avons construit une nouvelle fosse de stockage de 3 600 m3. Nous avons aussi ajouté un broyeur de matière à la sortie du bol d’incorporation des matières solides », décrit Christophe Aubry.

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En 2018, la puissance de l’unité a été doublée avec l’ajout d’un second moteur de 100 kW.

Ce broyeur permet d’envoyer des matières plus fines dans le digesteur pour que la digestion se fasse plus facilement et ainsi améliorer le rendement et donc la production de biogaz. Le broyeur permet aussi de faciliter le travail des brasseurs dans le digesteur. Le temps de séjour moyen est de 40 jours dans le digesteur et de 80 jours dans le post-digesteur. « Nous avons aussi installé un filtre à charbon pour purifier le biogaz avant qu’il n’arrive aux moteurs. »

La chaleur valorisée par un séchoir
La chaleur produite par la cogénération est utilisée dans des séchoirs à plat. Ce sont principalement des plaquettes de bois qui sont séchées en cours d’année. En octobre et novembre le séchoir est utilisé pour du maïs grain (700 tonnes séchées l’an dernier). Il y a un peu de sciure de bois qui passe dans le séchoir. L’éleveur en profite aussi pour sécher du foin récolté à l’autochargeuse. « Le séchoir fonctionne très bien mais cela demande du temps et beaucoup de manutention au télescopique, l’engin fait en moyenne 1 600 heures chaque année. »

9 000 tonnes de matières traitées par an

La ration est incorporée 2 fois par jour soit 12 à 15 m3 de matières solides qui viennent se mélanger à la même quantité de lisier. « L’unité de méthanisation nous permet de traiter 9 000 tonnes de matières chaque année. Le bon fonctionnement de la méthanisation sur les 4 premières années de fonctionnement nous a permis d’emprunter 800 000 € supplémentaires pour transférer notre élevage laitier sur le site de la méthanisation. »
Cela s’est traduit par la construction d’une stabulation neuve, des hangars de stockage, des silos pour l’ensilage de maïs et d’herbe ainsi que les aménagements et notamment bitumer tout le site.

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Le Premix sert à broyer les matières solides avant incorporation dans le digesteur.

Les éleveurs ont gagné 2,5 heures sur leur temps de travail quotidien grâce à ce nouveau bâtiment fonctionnel et plus automatisé. Il n’y a plus de transfert de fumier ou de lisier à effectuer d’un site à l’autre, plus de trajets pour aller de la méthanisation à l’élevage et inversement. Les conditions de travail sont améliorées et l’organisation est plus simple pour les éleveurs et leur salarié. « Avant nous avions 2 robots de traite et 85 laitières pour atteindre notre production de 850 000 litres de lait et aujourd’hui nous y arrivons avec 1 seul robot et 60 à 65 vaches maximum. Nous sommes à 38 kg de lait/VL en moyenne et l’objectif est de maintenir cette production en étalant les vêlages sur toute l’année. »

Le système ORC ne fonctionne plus
Lors du démarrage de l’unité de méthanisation un système ORC a été installé. Le procédé permet de produire 5 à 6 kWh d’électricité supplémentaire injectée sur le réseau grâce à la chaleur que produit le moteur. « Le principe de produire de l’électricité en plus grâce à la chaleur est très intéressant. Mais malheureusement lors de l’installation du deuxième moteur le procédé ne fonctionnait plus, après quelques heures de fonctionnement l’ORC s’arrêtait. Les techniciens de la société qui commercialise le système n’ont jamais réussi à résoudre le problème », témoigne Christophe Aubry.
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