Cinéma de campagne : la toile du Vendelais prend l’air

Une fenêtre de dix jours ouverte sur le monde agricole et rural. C’est ce que propose le festival Ciné campagne qui se tient chaque automne à Châtillon-en-Vendelais. Cette année, les bénévoles ont sélectionné le thème « Nouveaux enjeux, nouveaux espoirs ».

Munis de leurs bonbons et boissons, les spectateurs s’installent confortablement dans les sièges rouge profond. En attendant la projection, on discute, on rit… Puis quand les lumières se taisent, les conversations s’arrêtent pour laisser la place aux sons puissants des haut-parleurs. Des bandes annonces se suivent, programmes alléchants pour de futures découvertes. Puis, on entre dans le vif, alors concentré, en immersion. Car la force du cinéma reste cette faculté à décupler les sensations.

Lors de la 12e édition de Ciné campagne au Vendelais, les spectateurs vont à nouveau en prendre plein les yeux et plein le cœur… Après « Il est là le bonheur » l’an passé, le programme concocté par l’équipe du cinéma est cette année ancré dans la thématique « Nouveaux enjeux, nouveaux espoirs ». « Chaque année, nous choisissons un thème qui suit l’actualité agricole », précise Roland Berhault, le dynamique président de l’Association culturelle du Vendelais.

Planchenault De gauche à droite : Amalie et Stéphane Planchenault, et Roland Berhault, dans le cinéma Le Vendelais qui va s’animer lors du festival Ciné campagne.

Rencontres et débats

« Cette année, notre coup de cœur revient au documentaire « Les champs de la colère ». Il raconte l’histoire de cinq agricultrices ou femmes d’agriculteurs qui se mettent debout dans la crise : les « foulards noirs ». C’est un film sincère et vivifiant, extrêmement réaliste. » Les femmes filmées ainsi que la réalisatrice Anne Gintzburger seront présentes pour une rencontre-débat après la projection, le samedi 25 novembre à 20 h 15. Car le festival Ciné campagne c’est aussi ça : de nombreux débats autour des films projetés, des rencontres qui peuvent se prolonger tard dans la soirée.

Photovoltaïque, « foulards noirs », permaculture…

Même si certains films peuvent parfois bousculer le monde paysan, la programmation n’est jamais ciblée contre lui. « Les agriculteurs et les gens du milieu agricole sont nombreux à venir assister aux séances lors de Ciné campagne », souligne Roland Berhault, qui est lui-même éleveur laitier en retraite. Cette année, les spectateurs pourront aussi rencontrer Brigitte Chevet qui a réalisé « Les voleurs de feu ». Ce documentaire explique pourquoi la filière photovoltaïque française ne se développe pas autant que dans d’autres pays.
« Hubert Charuel, le réalisateur de la fiction-thriller « Petit paysan » (500 000 entrées) a aussi tenu à être présent. » Des animateurs de l’UPP (Université populaire de permaculture) seront par ailleurs présents suite à la projection de « L’éveil de la permaculture. »

Et Didier Gascuel, de l’Agrocampus de Rennes, animera la rencontre en lien avec le film « Des lois et des hommes » dans lequel un pêcheur d’une île irlandaise se bat pendant 8 ans contre une réglementation européenne qui lui interdit de pêcher.

Autres toiles à se faire dans le cadre du festival : un documentaire d’Agnès Varda et de JR, « Visages, villages », 4 courts métrages de Jean-Yves Dagnet (bio, porc sur paille, biodiversité…). « Nous programmons aussi un film patrimoine. » Cette année, « Notre pain quotidien » raconte un retour à la terre lors de la crise de 1929 aux États-Unis. « Un film résolument optimiste. » Quatre créneaux sont par ailleurs destinés au jeune public.

salle-technique Les bobines (à droite) ont aujourd’hui laissé la place au numérique, explique Stéphane Planchenault. Mais, c’est toujours la robuste lampe au xénon qui assure la projection sur la toile.

52 bénévoles aux manettes

Ciné campagne est un moment à part dans la vie du Vendelais. « Certaines personnes ne se déplacent qu’à cette occasion. Des gens viennent de tout le département. Cela permet aussi de renouer l’équipe. » Car ce cinéma rural fonctionne sans salarié, uniquement grâce à la collaboration de 52 bénévoles, dont 10 projectionnistes et 15 caissières.

Un formidable « faiseur de lien. » « Je me suis engagé dans l’association en 2004, alors que j’arrivais dans le secteur, pour faire connaissance avec des gens d’ici. J’ai été formé par Roland pour être projectionniste », se rappelle Stéphane Planchenault. « L’ambiance est familiale, conviviale », ajoute sa femme Amalie, qui a rejoint l’association quelques années après, s’occupant notamment de la programmation de la caisse.

Une histoire de plus de 50 ans

Le cinéma Le Vendelais a été construit par une équipe de bénévoles à partir de 1963 et a été inauguré en juin 1965, à l’initiative du jeune curé Alphonse Simon, convaincu que la culture est un fabuleux support d’éducation et d’émancipation. Depuis, des mises aux normes ont été réalisées, la salle agrandie, le numérique installé… Aujourd’hui, le cinéma totalise 8 à 10 000 entrées/an. « Nous essayons de nous démarquer des grandes salles avec une sélection de films différents, adaptés à la population locale. Les gens nous font confiance », note Roland Berhault. En mai 2018, l’équipe va aussi renouveler sa semaine thématique sur l’Europe, en lien avec sept salles voisines.

En pratique :
• Ciné campagne : du 24 novembre au 3 décembre.
• Tombola avec des lots à gagner chaque soir.
• Cinéma Le Vendelais, 1 place de l’église à Châtillon-en-Vendelais (35).
• Programme sur www.levendelaiscinema.fr.
• Renseignements au 02 99 76 00 12.


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