Edito

Détox et intox

Du jus de courgette pour dégonfler de l’intérieur et des toxines botuliques pour gonfler de l’extérieur. Ce menu « détox-intox » ne vous fait pas rêver ? Il semble pourtant être la nouvelle norme du « bobotisme » urbain. Les photographies et les images télévisuelles des stars du showbiz, des animateurs d’émissions, des politiques – ou de leur conjoint – sont effarantes de jeunisme feint. Pas une ride, des pommettes rehaussées à l’envi et un poids d’adolescent même à 60 ans ! Voilà de quoi faire rêver la France entière qui manque de grand projet. L’artifice de l’artificiel fait partie des grands desseins du XXIe siècle d’une société qui semble préférer le frêle vernis à la puissance de la profondeur…

Et pas la peine d’avoir peur des contradictions. Ceux-là mêmes qui ne jurent que par le bio, le végétarisme ou le végétalisme, pour soi-disant épargner leur corps de l’ingestion de résidus chimiques, ne rechignent pas à se faire injecter des toxines botuliques connues pour être le poison naturel le plus puissant de la Terre.

Une récente étude scientifique internationale vient d’ailleurs de faire le constat édifiant que l’injection des neurotoxines botuliques s’infiltre jusque le cerveau et la moelle épinière. Les éleveurs qui connaissent les ravages du botulisme capable de foudroyer un troupeau entier en quelques heures ne sauraient être surpris d’une telle conclusion. Pas moins que les militaires conscients que les toxines botuliques constituent un arsenal de guerre des plus redoutables. « La contradiction n’est pas entre moi et le monde, elle est en moi », écrivait Gustave Thibon, philosophe paysan ardéchois. Puisse le citoyen contemporain faire sienne de cette sage réflexion.

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