Edito

Végan – Acte 2

Au moins 3 facteurs concomitants ont permis au véganisme d’être catapulté de l’ombre de l’inconnu à la lumière de l’actualité. Tout d’abord, les militants se sont largement appuyés sur Internet et les réseaux sociaux. Il y a quelques années, tout ceci n’aurait pas été possible. Cette communication des réseaux a de plus bénéficié du relais amplificateur de nombreux médias.

Deuxièmement, cette attaque frontale de l’élevage a été enclenchée quelque temps après que, le 28 janvier 2015, l’animal a été reconnu « être vivant doué de sensibilité » dans le Code civil. Cette évolution de perception de l’animal est le fruit de l’urbanisation qui rompt progressivement tout contact avec le vrai visage de la nature, de la vie, de la mort. Cette évolution du statut de l’animal a aussi été facilitée par une prise de distance des sociétés occidentales avec la religion.

Les Pères de l’Église ont imposé pendant près de deux millénaires la conception d’un homme supérieur aux animaux. Aujourd’hui, la voix des philosophes a plus de portée que celle du clergé. Or, ces penseurs contemporains ne cessent de répéter qu’il n’y a pas de différence de nature entre un animal et un homme, mais simplement une différence de degré (d’intelligence). Fait nouveau, ils sont aujourd’hui indirectement soutenus par le pape François qui, dans l’encyclique sur l’écologie, dit : « Il serait erroné de penser que les autres êtres vivants doivent être considérés comme de purs objets, soumis à la domination humaine arbitraire » (n°82).

Troisièmement, le végétarisme s’avance désormais comme un marqueur de statut social. Selon Bruno Parmentier, économiste, les produits animaux deviennent « ringards ». Dans les quartiers urbains chic, c’est tendance de s’annoncer végétarien ou végétalien, voire végan.

À suivre : Végan – Acte 3

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