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Les vaches taries conduites en deux lots

Au Gaec Fournier à Riec-sur-Belon (29), l’alimentation des vaches taries a été revue, avec notamment un correcteur et des minéraux spécifiques. Et sur cette phase, elles ont désormais leur espace dédié.

« Depuis plusieurs années, nous avions des problèmes sur la reproduction des vaches laitières », explique Stéphane Fournier, associé avec son frère Marc à Riec-sur-Belon (29). Non délivrances, métrites, manque d’expression des chaleurs, fièvres de lait empoisonnaient la vie des éleveurs. « Et les vaches maigrissaient 15 jours avant et 15 jours après vêlage. »

Un audit complet

Pour y voir plus clair, et suite aux conseils d’un technicien ruminants Nutréa, le producteur réalise un audit complet de son système avec le vétérinaire Thierry Daridon, installé à Rosporden. « J’ai créé l’entreprise Cesel (Conseils – expertises – suivis – élevages laitiers) qui propose la gestion du troupeau axé sur le préventif et le suivi, une approche annexe à l’activité de soins et interventions sur les animaux. Les rations valorisées, les bouses, les facteurs de risques sont étudiés et des suivis sont préconisés », précise Thierry Daridon.

Réalisé en mars 2015, l’audit a notamment permis de mettre en évidence un défaut d’adaptation de l’alimentation des vaches taries en fin de période sèche. « À la mise au tarissement, les vaches étaient envoyées en pâture, ou nourries au foin avec environ 30 minutes d’accès par jour à une ration d’ensilage de maïs. Deux à trois semaines avant mise bas, elles réintégraient le troupeau des vaches laitières, disposant de la même alimentation de base. Les laitières reçoivent par ailleurs un correcteur au Dac », détaille Stéphane Fournier.

« Les vaches taries ont leur espace spécifique avec un box de vêlage, dans le bâtiment servant aussi aux génisses et taurillons », explique Stéphane Fournier.
« Les vaches taries ont leur espace spécifique avec un box de vêlage, dans le bâtiment servant aussi aux génisses et taurillons », explique Stéphane Fournier.

Déficit énergétique

« Sur la fin de la période sèche avec les laitières, la ration n’était pas assez énergétique et trop riche en calcium pour des taries. Les vaches fondaient après la mise bas, car leurs flore et papilles ruminales n’étaient pas adaptées pour bien valoriser la ration. Elles faisaient des fièvres de lait car leur capacité à mobiliser le calcium après le vêlage était endormie », note Thierry Daridon.

Aujourd’hui, les vaches taries sont conduites en deux lots et logées dans un bâtiment à l’écart du troupeau. Pendant environ 1,5 mois, le premier lot mange une ration à base de paille et de maïs en hiver, et pâture à la belle saison. Deux à trois semaines avant vêlage, le deuxième lot est conduit systématiquement en bâtiment. Les vaches taries reçoivent alors de la paille d’orge à volonté, 7 à 9 kg de maïs ensilage, 2 kg de correcteur spécial taries (Vellia Prélac de chez Nutréa) plus un complément contenant des minéraux, oligo-éléments et vitamines adaptés au stade (Fixxion VT). Ces deux aliments sont formulés avec une Baca (balance alimentaire cation anion) négative. Le coût est de 26 €/vache sur les trois semaines.
Les vaches taries ont leur espace spécifique sur aire paillée avec un box de vêlage, dans le bâtiment servant aussi aux génisses et taurillons. Ce déménagement a permis d’alléger un peu la stabulation « laitières » qui compte 60 logettes.

La reproduction largement améliorée

« Aujourd’hui, je n’ai plus de souci de reproduction, plus de fièvre de lait, plus de métrite… Les délivrances se font sous 12 heures, j’interviens beaucoup moins sur les vêlages », apprécie le producteur. Entre 2014 et 2016, la réussite en 1re IA est passée de 30 à 39 %, de 20 à 26 % en 2e IA. En 2014, 82 % des IAF se produisaient après 100 jours après vêlage. Aujourd’hui, ce pourcentage a chuté à 48 %. Depuis 4 ans, les producteurs utilisent par ailleurs de la semence sexée sur les génisses (sur les deux premières IA). Une autre technique qui facilite les premiers vêlages (à 25 mois en moyenne).

L’audit a aussi permis aux producteurs de réduire la consommation d’antibiotiques. Depuis un an, « si les vaches ont moins de 150 000 cellules/mL de lait sur les trois derniers mois avant tarissement, je ne les traite pas, je mets juste un obturateur. » Les vaches traitées reçoivent une injection intramusculaire de macrolide, un antibiotique intramammaire et un obturateur.

Un médicament pour renforcer l’immunité
Pour aller plus loin sur l’aspect « mammites » (18 à 20 par an sur l’exploitation dont la majorité sur les 2 à 3 premières semaines de lactation), l’éleveur va désormais travailler l’immunité post-partum. Pour un coût de 30 €/VL, il va délivrer un médicament préventif aux vaches ayant des soucis. « Ce médicament développé par Elanco est constitué d’une protéine qui permet l’augmentation de la quantité et de l’activité des neutrophiles. Deux injections sont réalisées : 7 jours avant mise bas et le jour du vêlage. Cela devrait réduire les mammites et la consommation d’antibiotiques », explique Thierry Daridon.

Tous les veaux drenchés avec un colostrum de qualité

Pour mieux anticiper les vêlages, le Gaec Fournier utilise le détecteur Vel’Phone depuis 12 ans. « Il est mis en place sur les vaches 10 jours avant vêlage. Depuis 2014, j’associe ce système à la gestion du colostrum pour améliorer la santé des veaux et réduire ainsi les antibiotiques. Quand le Vel’Phone me prévient d’un vêlage sous 48 h, je mets 4 litres de colostrum à décongeler dans l’eau froide. Quand le veau naît, le colostrum est réchauffé avec une résistance pour atteindre 42 °C. Tous les veaux sont drenchés le plus rapidement, dans les deux heures après la naissance », souligne Stéphane Fournier. « Les problèmes respiratoires et de diarrhées des veaux ont été résolus. »

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