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“Pas de pénalité depuis l’arrivée des robots”

Actuellement, au Gaec de Perran, le troupeau de 150 vaches conduit en système guidé est trait grâce à quatre stations de traite robotisée. Cela laisse la marge pour développer le volume produit et préparer le départ d’associés demain.
Suzanne Guervéno et Frédric Lahaye, associés du Gaec de Perran.
Suzanne Guervéno et Frédric Lahaye, associés du Gaec de Perran.

« Installer un robot en pleine crise du lait, c’est tout de même stressant », livraient les quatre associés du Gaec de Perran à Plounévez-Quintin (22) en début d’été, lors d’une porte ouverte Innov’Action. Les quatre stations de traite automatisée ont été inaugurées fin novembre 2015. Une nouvelle étape importante sur une exploitation qui a évolué progressivement depuis 1984 : passant d’un à 5 UTH, de 45 à 240 ha… L’histoire de la salle de traite illustre ces étapes marquées par l’intégration d’associés, l’augmentation du cheptel et du volume de lait produit, les constructions de bâtiment et les mises aux normes : « L’installation 2×4 postes du départ est devenue une 2×6, puis une 2×8, puis une 2×10 », égraine Suzanne Guervéno. « Vieillissante », il n’était plus imaginable de la rallonger encore.

« Surtout, pour nous, ce n’était plus possible : pour traire 150 vaches, nous passions 6 heures dans la fosse à deux opérateurs… » Temps de travail, prévention vis-à-vis des épaules des trayeurs… L’idée du robot s’est peu à peu installée dans la tête des associés du Gaec. « La traite automatisée apporte beaucoup de souplesse en termes d’horaires, mais je ne crois pas que je passe moins de temps dans la stabulation. Par contre, je me sens plus proche de mes animaux », explique la Costarmoricaine. Alors qu’elle ne profitait d’aucun indicateur en salle de traite, cette dernière apprécie les alarmes et repères proposés par le nouveau système.

« Conductivité, calcul de l’ingestion, locomotion, baisse de lait… Je pense qu’on détecte plus tôt un problème aujourd’hui. » Suzanne Guervéno cite aussi l’apport de la mesure de l’activité grâce aux colliers. « Auparavant, l’observation des chaleurs se faisait le matin, le midi, en début d’après-midi et on revenait toujours le soir… Maintenant, quand on quitte les robots à la fin de la journée, on ne revient plus. Et les résultats de reproduction sont peut-être meilleurs… » Mais avant d’investir 700 000 € (robot multi-stalles GEA Farm Technologies, bâtiment, fosse sur caillebotis, box de tri…) fin 2015, les éleveurs ont voulu voir des automates en fonctionnement.

La fin des butyriques

« Lors d’une visite en Allemagne, ce qui ressortait du témoignage des éleveurs était leur satisfaction en termes de qualité du lait, y compris chez un transformateur en fromage », raconte l’agricultrice. « Chez nous, le passage en traite robotisée a en fait amélioré les résultats. Nous avions pas mal de soucis de butyriques liés à la distribution d’ensilage d’herbe. Mais grâce à un bon nettoyage des trayons et une désinfection au peroxyde après chaque vache traite, depuis l’arrivée des robots, nous n’avons eu aucune pénalité en lipolyse, germes, butyriques ou cellules. »

Un lot de 150 vaches en système guidé
À l’installation du robot, les associés ont choisi un « système guidé » : pour passer de la stabulation en logettes aux couloirs d’alimentation couverts dans un bâtiment perpendiculaire, les animaux doivent passer par une porte de tri. « Si la vache est à traire, elle est aussitôt dirigée vers le parc d’attente. C’est seulement après son passage au robot qu’elle pourra aller manger », explique Frédéric Lahaye, associé du Gaec. Ne pouvant pas scinder le troupeau en deux lots à cause de la configuration des bâtiments et du besoin de place à l’auge pour l’affouragement en vert, il n’y a qu’un seul groupe d’animaux en production. « Le système guidé facilite aussi la gestion d’un tel effectif ensemble. »
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