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SPACE 2016 / Portrait d’éleveurs : La Charolaise, une race facile à mener

La Charolaise permet à l’élevage Jaglin, à Saint-Gilles-Vieux-Marché (22), de valoriser certaines terres difficiles, et d’allonger les rotations pour les céréales et les légumes. De son côté, le travail de sélection optimise les produits.

La Charolaise est arrivée sur l’élevage Jaglin en 1980, à l’occasion du passage de l’activité laitière au porc, pour continuer à valoriser des prés peu favorables aux cultures et des parcelles en pente : une dizaine d’hectares, sur les 25 ha de prairies accessibles au troupeau de 25 mères plus la suite. « Restant en place trois ans, les pâtures permettent des rotations suffisamment longues pour la culture des légumes industrie – haricot et flageolet – et les céréales. Et les vaches fournissent du fumier », détaille David Jaglin.

« Mon père (Michel) avait eu un coup de cœur pour la Charolaise, une race facile à mener et à la conduite économique. Il a commencé par acheter une vingtaine d’animaux en tout-venant : des vaches, des veaux… » Rapidement, l’élevage a adhéré au herd-book et à Breizh Bovins Croissance. La sélection faisant son chemin, Michel Jaglin a commencé à participer aux concours. « En Pie Rouge auparavant, il était déjà passionné des concours, comme son père avant lui », confie David.

En 1989, l’élevage se fait un nom parmi les pointures de la race en décrochant le titre de Grande championne au National de Vichy, avec Cybelle. Il est régulièrement présent à Pontivy, au Space, à Paris et à Magny-Cours (Concours national veaux), remportant des premiers prix ou des prix d’ensemble. Aujourd’hui encore, jeune retraité, Michel Jaglin prépare les animaux pour les concours.

David Jaglin et Gati qui va participer pour la troisième fois au Space.
David Jaglin et Gati qui va participer pour la troisième fois au Space.

3e Space pour la vache Gati

Cette année, l’élevage participera au Space avec Gati qui attend son 3e veau. Une 3e participation pour cette vache née en janvier 2011, fille du taureau Chirac (de l’élevage Charrier dans les Deux-Sèvres). Elle affiche un Isevr de 107 et un Ivmat de 111. Son grand-père est un taureau né sur l’élevage, Vigoureux.
En 2014, l’exploitation avait remporté au Space le premier prix des mâles de moins de 4 ans, avec Gipsy, un taureau originaire de l’élevage Chambrin à Saint-Brandan (22). Le mâle a depuis été vendu en Saône-et-Loire, dans le berceau de la race, comme d’autres gros taureaux de l’élevage. C’est le cas de Far Ouest, né sur l’exploitation, qui avait terminé premier de sa catégorie au congrès mondial de la Charolaise en 2014. Chaque année, environ cinq mâles sont gardés pour être vendus en reproducteurs.

Tous les taureaux prélevés

Joyeux est un des taureaux présents actuellement sur l’élevage. Il provient d’une exploitation de Saône-et-Loire.
Joyeux est un des taureaux présents actuellement sur l’élevage. Il provient d’une exploitation de Saône-et-Loire.

Sur l’élevage naisseur, toutes les femelles font au moins un veau. La reproduction est assurée par deux taureaux, choisis pour leurs origines, leur conformation et leurs index. « Tous les taureaux qui passent sur l’élevage sont prélevés ; la semence est stockée par le centre d’insémination. Cela permet d’assurer en cas d’accident, ou de les vendre plus vite. » Quelques IA sont aussi réalisées. « Nos critères premiers de sélection sont la finesse d’os – pour le rendement en viande – et le lait, tout en conservant les qualités de race, la rusticité… », précise David Jaglin.

Contenir les coûts
Les coûts de production de l’élevage bovin sont maîtrisés grâce une bonne exploitation du pâturage à partir d’avril, et des bâtiments simples et fonctionnels. La paille est fournie par la culture de céréales (blé, orge). « Les anciens bâtiments laitiers aménagés permettent d’abriter tout le troupeau en hiver. Il est rentré environ trois semaines avant les vêlages. Ces derniers se passent en stabulation. Ils sont tous concentrés de décembre à février, pour nous libérer ensuite du temps pour les travaux des champs », souligne David Jaglin. Au foin ou à l’herbe lors du tarissement, les vaches commencent à recevoir du maïs deux semaines après le vêlage. Les réformes sont complémentées pour la finition. « Les broutards reçoivent aussi un complément dans le bâtiment, et à l’extérieur avec un nourrisseur. Ils sont vendus à 6 mois environ, à un poids de 300 – 310 kg. »
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